Mais que fait la police... dans nos écoles ?

Publié le par Daniel LESUEUR, auteur libre

      Tandis que, de temps à autre, sans trop oser s'aventurer dans les cités sensibles (c'est devenu trop risqué. C'était il y a quarante ans qu'il aurait fallu commencer le travail, prendre le mal à la source dès son début), on arrête un vague trafiquant de drogue ou d'armes avant de le remettre en liberté deux heures plus tard, en revanche, à Gaillac, dans le Tarn, les forces de police ont fait preuve d'efficacité, comme l'a raconté avec toujours autant d'humour Le Canard enchaîné et, aussi bien, Médiapart et d'autres médias. L'histoire fait rire, même éclater de rire... mais d'un rire jaune :

Le gang des tableaux noirs démantelé !

Un groupe d'enseignants du Collège Albert Camus s'était attaqué aux tableaux noirs et, organisés en commando, armés de tournevis, avec quelques parents d'élèves , avait réussi à démonter quelques tableaux noirs. Heureusement la chef de l'établissement sut se montrer à la hauteur de l’événement... Elle a prévenu la gendarmerie… Trois voitures bleues... Douze gendarmes avec gilets pare-balles !

« Les gendarmes n’en revenaient pas, ils ont cru à une blague »

Six professeurs se retrouvent aujourd’hui poursuivis pour vol et font l’objet d’une procédure disciplinaire de la part du rectorat, dans le cadre d’une drôle d'affaire qui remonte au 28 juin dernier. L’établissement dans lequel ils exercent, propriété du Département, est en cours de rénovation. Les professionnels avaient engagé, au côté de parents d’élèves, une action de déménagement de tableaux noirs menacés selon eux « de destruction », « pour les mettre à l’abri, le temps de l’été ». « Ils ont agi avec une argumentation solide sur le plan pédagogique et écologique. C’est idiot de jeter ces tableaux noirs ». Pascal Pragnère est l’un des porte-parole du collectif constitué pour soutenir les six professeurs du collège Albert-Camus qui se retrouvent aujourd’hui sous le coup d’une plainte (en cours d’instruction). Durant l’été, les professeurs ont été auditionnés. Des perquisitions ont été menées au domicile des mis en cause...

Tirez pas sur les profs...

... à Val-de-Reuil, dans l'Eure, on nous fait également bien rigoler :

Le jour de la rentrée des professeurs, des policiers municipaux encagoulés ont fait irruption dans le collège Alphonse Allais et ont jeté des pétards.

Le 1er septembre, alors qu'ils sont en plein cours, les enseignants sont surpris par deux hommes encagoulés qui lancent des pétards dans la cour et les poursuivent. Il ne s'agissait pas de terroristes mais de policiers convoqués par la principale de ce collège de Normandie pour simuler un attentat. Bien que prévenus, les enseignants ont été traumatisés par cette expérience plus vraie que nature, certains courant se cacher, d'autres fondant en larmes. Le rectorat a dû ouvrir une cellule psychologique au sein de l'établissement.

Les professeurs ne s'attendaient pas à un exercice d'une telle ampleur. Preuve du réalisme de l'opération, des riverains, inquiétés par les pétards, ont même contacté la police pour la prévenir d'une attaque terroriste.  

Le maire de Val-de-Reuil estime que l'intervention aurait gagné à être mieux expliquée. 

 

Publié dans Société

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