Octobre 1959... Un épisode inconnu de la carrière de Jimmy PAGE

Publié le par Daniel LESUEUR

  Dans un livre à paraître en fin d'année (Les Mémoires de Bobbie Clarke écrit par lui-même et traduit par Romain Decoret, éditions Camion Blanc), le célèbre batteur de Vince Taylor et Johnny Hallyday qui s'appelle encore Robert Woodman), raconte un moment de la vie de Jimmy PAGE que le guitariste lui-même semble avoir oublié puisqu'on n'en a trouvé jusqu'à aujourd'hui encore aucune trace...

"Le groupe Vince Taylor & The Playboys est créé en septembre 1959. Mais il manque un guitariste. Au club 2 I's, le groupe est Neil Christian & The Crusaders. Leur guitariste de 16 ans, Jimmy Page, est absolument fantastique et nous demandons à Vince de l'approcher pour jouer avec nous. Vince Taylor répond qu'il le lui a déjà demandé plusieurs fois mais que Jimmy est très loyal envers son groupe, refusant de quitter les Crusaders. Quel dommage, il aurait été parfait dans les Playboys… Puis soudainement je me souviens du groupe de Rory Blackwell et de son excellent guitariste Kenny Fillingham. Vince est d'accord pour venir avec nous le voir le lendemain.

Le tourneur Reg Calvert vint nous voir et offrit à Vince une tournée de cinq dates en octobre. Hélas Kenny Fillingham était parti voir sa mère malade à Leigh, dans le Lancashire et ne reviendrait pas à temps. Par un coup de chance, Jimmy Page arriva un soir au 2 I's et nous annonça qu'il avait eu une prise de bec avec Neil Christian. Il accepta la tournée avec les Playboys parce qu'il appréciait beaucoup Vince. Il était également demandé par Lance Fortune et d'autres chanteurs. Avec son arrivée et celle de Georgie Fame au piano, le jeu des Playboys augmenta de 100%.

La tournée, bien que brillante sur scène, se révéla très fatigante. Toute la troupe était logée dans le QG de Reg Calvert à Southampton et nous, les Playboys, devions partager une pièce avec cinq matelas par terre. Chaque jour, il fallait faire 300 km pour le show, puis revenir dormir sans aucun confort, avec, évidemment, l'impossibilité de ramener des filles avec nous. Pourtant nous étions bien payés, le groupe était de la pure dynamite, mais finalement nous fûmes bien contents de rentrer à Londres. L'aversion de Jimmy Page pour les tournées mal préparées date de ce moment. Même s'il avait déjà connu cela avec Neil Christian & The Crusaders, c'était encore plus spécial avec Vince Taylor & The Playboys. Du sommet du succès à la sordidité la plus profonde, c'était un incessant jeu de yoyo émotionnel et mental que le fragile et délicat Jimmy avait du mal à supporter.

 

 

Publié dans musique, PEOPLE

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