Les petites phrases... fausses, des politiciens

Publié le par Les auteurs libres

Suite à l'attentat au couteau à Paris, sur Twitter, le président de la République réaffirme que le pays ne cédera "pas un pouce aux ennemis de la liberté".

J'ignore qui rédige les textes qu'il prononce (pour "l'île de la Guyane", je pense que c'est de lui), mais pour son message twitter le plus récent il y a une faute, lorsqu'il emploie le futur : ne cédera pas. En effet, depuis les attentats du Bataclan, les scènes de panique, justifiées ou non, se sont multipliées. Nous n'en citerons que deux très révélatrices :

novembre 2015 à Paris :  Des jets de pétards, des rumeurs... et la panique. Deux jours après le Bataclan, des mouvements de foule se sont emparés du centre de la ville alors que la population était venue se recueillir sur les différents lieux des attaques meurtrières.

avril 2018 à Nice. Scène de panique après un tir de pistolet .

Il convient donc de corriger la phrase du président, ce n'est pas "le pays ne cédera pas un pouce aux ennemis de la liberté" mais "le pays a cédé un pouce aux ennemis de la liberté". C'est moins glorieux, moins ... romanesque, pour employer un des rares mots français qui ait suffisamment de panache pour que Macron, qui se réjouit de l'entrée de l'Europe « dans une nouvelle aventure où le tragique s'invite », n'utilise pas son équivalent en langue anglaise (pardon, en langue américaine).

En plus des très nombreux morts le pays, traumatisé, tremble ou pleure. Il n'y a de raison, donc, de faire de triomphalisme (Edouard Philippe a rendu hommage aux policiers qui ont neutralisé l'agresseur 9 minutes seulement après le premier appel à Police Secours) ou de fatalisme ("L'attentat aurait pu être plus grave", a déclaré Gérard Collomb) face à un individu fiché S qui a eu un comportement prévisible.

Depuis des années, la formule consacrée est :

"TOUT sera mis en œuvre pour..."

Deux cas possibles :

- soit en effet TOUT est mis en œuvre pour... et donc il y a constat d'échec, notre Etat n'est pas à la hauteur des "ennemis de la liberté"

- soit TOUT n'est pas mis en œuvre. Monsieur macron, le summum de la lutte, ce n'est pas contre l'ISF mais contre le terrorisme.

 

Publié dans Société

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