Au Japon, on risque parfois sa vie rien qu'en mangeant

Publié le par Daniel LESUEUR

Au Japon, on risque parfois sa vie rien qu'en mangeant

Si on vous propose du fugu ou du mochi, vous risquez bien de ne pas voir venir l'addition... à moins qu'on vous la porte à l'hôpital !

C’est sans doute excellent, nous n’en doutons pas.

Certainement fin et raffiné, certes… mais dangereux.

Chaque année, de nombreux consommateurs de fugu ou du mochi tombent victimes de leur gourmandise.

Mais que sont donc ces deux plats, réputés pour leur goût mais également pour leur dangerosité ?

Commençons par le plus redoutable… Le fugu

Sous ce nom exotique se cache le pire ennemi de l’homme. Le requin, on connaît, on s’en méfie comme de la peste. On remballe parasol et maillot de bain à la moindre alerte sur la plage… et l’on se venge au restaurant en dégustant un… steak de requin en songeant, fourbe, que finalement c’est nous qui avons eu sa peau. Mais le fugu, lui, est un traître, un faux-jeton. Il n’a même pas décroché un rôle de figurant dans Les Dents de la mer. Et pourtant, plus d’un Japonais orphelin se dit « nous aurions dû nous méfier lorsque nous avons vu le fugu croquer sous les dents de la mère ». Car, même mort, le fugu reste dangereux, et dans un endroit banal : l’assiette.

Fiche anthropométrique du fugu

Surnommé « poisson globe » ou « poisson ballon », l’ignoble animal est, comme on dit, entouré de nombreuses légendes. Mais il est surtout entouré de poison car il peut provoquer de très graves intoxications à la tétrodotoxine, produit hautement plus toxique que la mayonnaise avariée des boui-bouis.

Normal, finalement : petit bobo dans petit restaurant, intoxication gravissime dans restaurant huppé. Il faut en avoir pour son argent (compter entre 8500 Yens a 30 000 Yens, soit 50 à 180€ pour un aller simple au paradis).

Selon le site cuisiner en ligne, « la tétrodotoxine est 200 000 fois plus puissante que le curare, 160 000 fois plus dangereux que la cocaïne. C’est bien simple : trois kilos de fugu non traités suffisent à intoxiquer une quinzaine de personnes ».

Et, en théorie, tout le monde n’a pas non plus le droit d’en servir à sa table, comme le précise le site : « Jadis consommée par de modestes pêcheurs, sa chair nacrée est aujourd’hui un “délice-supplice” recherché par les plus fins gourmets. Au Japon, seuls les cuisiniers disposant d’une licence accordée par l’État sont autorisés à préparer ce plat considéré comme très raffiné et ce depuis 1958 (formation sur 3 ans). Pour en retirer la toxine, il leur faut enlever notamment le foie, les intestins et les gonades ».

C’est comme la roulette russe, tout le monde n’en meurt pas…

Le mochi

« Le mochi, gâteau serial-killer au Japon », écrit Yahoo-actualités. Voyons de quoi il retourne… Le dangereux mets, le fourbe, prend l’aspect, l’apparence d’un innocent gâteau au riz gluant pour séduire ses victimes.

Mais un gâteau mortel pour les gâteux, car dans « gluant », il y a « glu » mais, hélas, pas « déglutir » :

« Selon les chiffres du département des pompiers de Tokyo qui conseille de couper le mochi en petits bouts, plus de 100 patients sont en moyenne hospitalisés chaque année. La majorité ont plus de 60 ans. Entre 2006 et 2009, dans la capitale japonaise, 18 personnes sont mortes étouffées par le mochi ».

Si au moins il avait la franchise de s’appeler Mille feuilles, on s’en méfierait, on ne prendrait pas les mille à la fois. Mais, vous avez bien lu, il faut couper le mochi en petits bouts si on veut en voir la fin, et pas l’inverse, que ce soit lui qui précipite votre fin. On comprend, dès lors, pourquoi au Japon, le mochi est un plat symbolique et traditionnellement réservé aux soirées de fin d'année ou aux grandes occasions : le moment idéal pour inviter, pour un dernier repas, le vieil oncle à héritage.

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