"Je cause très mieux français que vous et je vous merde"

Publié le par Les auteurs libres

Cette superbe réplique que nous devons à Coluche (dans Le clochard analphabète), je l'adresse aux macronistes de tout poil qui, après nous avoir torché le cerveau d'anglicismes foireux, ont inventé les "gestes barrières".

Jusqu'à preuve du contraire, barrière est un nom commun, pas un adjectif. Il eut fallu parler de "gestes-barrière" (sans S à barrière et avec un trait d'union - à ce sujet ça m'a toujours surpris que "trait d'union" n'en n'ait pas. Enfin, au final, on s'en branle un peu) comme on parlait de garde-barrière du temps où la SNCF était un service public, et les passages à niveau autre chose qu'un endroit favorisé par les cars et les camions pour créer de beaux accidents bien mortels. Le "garde-barrière" est un vestige de la France brillante. Regardez-bien : y a pas de "S" à "barrière". En ce temps-là, avant que la France devienne un pays sous-développé, y avait UN mec par barrière, comme Alain. Il était bien payé, et c'était normal, il était aussi important que, disons, le personnel hospitalier en 2020. Et sa femme elle travaillait avec lui, elle était elle aussi garde-barrière. Chacun gardait UNE barrière. Ils se faisaient des petits COUCOU avec la main de part et d'autre de la voie ferrée, juste avant que le train les empêche de se voir quelques instants. Ils représentaient le couple idéal, madame et monsieur Garde-Barrière. Et puis on a fermé les petites gares (je pense que, l'un dans l'autre, avec une bonne assurance, la SNCF s'en sort mieux, financièrement, d'avoir un accident de temps à autre, que de payer des garde-barrières).

Fi donc des "gestes barrières", j'ai décidé, encore plus que par le passé, de pratiquer la distanciation sociale vis-à-vis de ceux qui causent comme je chie et, par extention, vis-à-vis des cons. Il y en a beaucoup. Justement, je vais y gagner de l'oxygène.

 

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