De l’usage du mot GUERRE

Publié le par Les auteurs libres

Le mot GUERRE fut prononcé SIX FOIS le 17 mars... et pas une seule fois le 31 mars dans le discours tel qu'il était écrit (ça lui a échappé une fois, en roue libre, en répondant à une question gênante) ! C'était... LA BOULETTE, six fois ? Aujourd'hui on est descendu d'un cran, il ne s'agit plus que d'un COMBAT, d'une BATAILLE...

N'empêche, j’ai entendu des mômes dire « ON VA TOUS MOURIR »… comme ils auraient pu le dire en 1939.

Sommes-nous VRAIMENT en guerre ?

Macron en guerre

Si ce n’est pas le cas, Macron, je ne te pardonnerai JAMAIS d’avoir effrayé et traumatisé nos mômes. Alors, je repose la question…

Sommes-nous VRAIMENT en guerre ?

Le virus est issu du Wuhan, région où un laboratoire P4 fut construit conjointement par Français et Chinois et inauguré en grandes pompes le 23 février 2017 par, entre autres, Yves Lévy, compagnon d’Agnès Buzyn (à voir sur le site du gouvernement en cliquant ICI).

Deux cas possibles :

- si le virus est issu de ce labo, alors, OUI, nous sommes en guerre bactériologique (Hervé Raoul, directeur du laboratoire P4 Jean Mérieux-Inserm de Lyon, écrit «  Il est à peu près impossible qu’un technicien infecté sorte du laboratoire ». à peu près !) Et pourquoi pas un terroriste de longue date infiltré, comme dans L'Armée des douze singes ? Ou un type qui perd les pédales, comme à Tchernobyl  (à la base, des erreurs humaines, la volonté de quelques ingénieurs de réaliser une expérience dans la centrale de Tchernobyl, allant à l'encontre de l'interdiction émise par l'organisme en charge de la sécurité nucléaire).

Si GUERRE il y a, toute action ou non-action, en Laval… euh, en aval ou en amont, en faveur de l’ennemi, ne peut-elle être assimilée à une forme de COLLABORATION ?

- au fil des ans, la destruction massive de l’ « armée » de ceux qu’on qualifie aujourd’hui de « héros » et de ses outils ne s’apparente-t-elle pas à du sabotage ? Fermeture d’hôpitaux, manque de moyens en hommes / femmes / matériel ? Le personnel soignant n’a-t-il pas manifesté durant des mois pour crier sa stupeur face au mépris qu’on lui témoignait ? Et parmi les responsables, qui trouve-t-on ? Jean CASTEX

De 2005 à 2006, Jean Castex fut le directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins au ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale, où il participe à l’introduction de la notion d’objectifs et de rentabilité dans l’hôpital et à une rationalisation des coûts dans le cadre du plan hôpital 2007, qui introduit notamment la tarification à l'activité (« T2A »).

- la Buzyn qui assure que la France ne craint rien, ça vous a un p'tit côté Daladier de retour de Munich

en janvier, non-application du principe de précaution

- notre Ligne Maginot sanitaire a été enfoncée (et pourtant, le 25 janvier, beau retard à l'allumage, un professeur de Bichat certifiait que "la probabilité d'une épidémie en France ou en Europe est extrêmement faible" (cliquer ICI). Tout comme Agnès Buzyn la veille : « Les risques de propagation du virus dans la population [française – ndlr] sont très faibles. »

- le 13 mars c'est l'Appel à l'immobilisation générale

ces dernières semaines, carence en matériel de protection (masques, gel, tenues jetables, etc), de dépistage et de matériel de soin (respirateurs).

- ces derniers jours, des masques moisis livrés à l'île de La Réunion

- le samedi 21 mars, ces dizaines de milliers de citadins qui prennent la voiture ou les derniers trains pour se réfugier dans les campagnes, ce n'est pas vraiment l'exode mais ça y ressemble un peu

- la semaine du 23 mars, ces malades qu'on ne peut soigner sur place, faute de lits et de personnel, et à qui l'on doit faire traverser le pays en avion, hélicoptère ou TGV médicalisé, c'est la débâcle... et que l'on n'évoque pas les circonstances exceptionnelles : déjà, du 17 octobre au 2 décembre 2019, en pleine épidémie de bronchiole,  faute de places en réanimation, 22 bébés, hospitalisés en Ile-de-France, durent être transportés en urgence dans d'autres hôpitaux à Reims, Rouen, Amiens ou Orléans. Ceci nous incite à réfléchir sur ce qu'est devenu l'hôpital durant ces dernières décennies :

 

Hôpital public en voie de privatisation

Un rapide survol de l’histoire des trente dernières années de l’hôpital public permet de mettre en évidence l’application des directives de Pirie et de l’OCDE à l’hôpital public. C’est Pierre Bérégovoy, alors ministre des Affaires sociales, qui donnera le coup d’envoi en 1983, en refusant d’augmenter les cotisations sociales et en créant la « Dotation globale de financement ». Les hôpitaux seront tenus de respecter un budget limitatif qui fixera leurs dépenses annuelles. En 1995, Alain Juppé mettra en place l’ONDAM : l’Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie. C’est un plafond de dépenses que les hôpitaux ne peuvent dépasser. Dès 1996, son montant fera l’objet d’un vote annuel au Parlement. En 2004, pour réduire encore les dépenses de santé, un plan instauré par Philippe Douste-Blazy prévoira la mise en place de la tarification à l’activité (T2A) . Le budget des hôpitaux dépendra désormais du nombre d’actes médicaux réalisés. Cette réforme va inciter à gérer l’hôpital comme une entreprise en recherchant la meilleure productivité. Des actes médicaux deviennent plus rentables que d’autres et, l’hôpital a tendance à accroître ses activités rémunératrices, comme la chirurgie, en délaissant les longues prises en charges moins bien rémunérées. Puis viendra en 2009, la loi « Hôpital, patients, santé et territoires » qui instaure la nomination de directeurs d’hôpitaux. Ils sont désormais en charge de la gestion financière des établissements. Nicolas Sarkozy, président de la République et porteur du projet déclarera alors : « Il faut à l’hôpital public un patron, et un seul. Le patron, c’est le directeur. Cela ne veut pas dire qu’il agit seul. Cela ne signifie pas qu’il peut ignorer la réalité médicale dans ses décisions, lui qui n’est pas médecin, mais il faut qu’il y ait quelqu’un qui décide, qui assume ses responsabilités. ». Désormais la direction des hôpitaux n’est plus entre les mains de soignants mais de gestionnaires. L’arrêt de l’augmentation des cotisations sociales décidée en 1983, asséchant le financement de l’hôpital par la sécurité sociale, conduira inexorablement aux plans « hôpital 2007 » puis « hôpital 2012 ». Pour se moderniser, les établissements hospitaliers devront avoir recours à l’emprunt, ce qui représentera un changement culturel profond. En moins de dix années, la dette des hôpitaux atteindra les 30 milliards. Dans son rapport de 2018 la Cour des Comptes mettra en garde : « Dans une communication sur la dette des établissements publics de santé (…) la Cour avait mis en évidence son triplement en dix ans, la portant à 30 milliards d’euros en 2012. Cet emballement résultait d’investissements massifs dans le cadre des plans « « Hôpital 2007 », puis « Hôpital 2012 », financés essentiellement par l’emprunt. Le secteur hospitalier connaissait ainsi un niveau critique d’endettement, avivé par un recours, parfois très important pour certains établissements, à des emprunts à taux variables à risques élevés : ces derniers représentaient 9 % de l’encours total en 2014 » (Lien).

 les Etats-Unis, pays ami, qui rachètent au marché noir du matériel de soin et de protection qui nous était destiné, c'est une déclaration de guerre à la Pearl Harbour

- la délation revient très fort, comme en '40. il ne s'agit plus de dénoncer des voisins juifs, mais des voisins qui font un barbecue ou - horreur ! - sortent PLUSIEURS fois dans la journée.

Certes Pétain fit don de sa personne à la nation (un discret hommage lui fut d’ailleurs rendu par Emmanuel Macron début novembre 2018 : il a été « pendant la Première guerre mondiale un grand soldat »). Il n’en fut pas moins frappé d’indignité nationale à la Libération. D’autres parmi ses sbires, jusqu’au dernier sous-fifre, furent exécutés.

De toute urgence réclamons des Comités de salut public

Plutôt que des élections municipales, ne verra-t-on pas se tenir des Tribunaux ? Déjà un collectif de soignants a porté plainte contre le Premier ministre et l'ancienne ministre de la Santé pour «mensonge d'État»…. Comme se le demandait ironiquement (ironiquement ?) le Canard enchaîné à la Une de son édition du 25 mars, « je me demande qui sera tondu à la Libération… »

Nous avons des devoirs envers nos enfants et nos petits-enfants, nous ne pouvons pas leur laisser un monde dans lequel des Balkany et des Ghosn ont détourné longuement impunément des sommes qui auraient mérité d'être allouées à l'hôpital public...

La Cinquième République est à l'agonie... On l'aurait aimée irréprochable. Va-t-elle s'achever comme la Troisième ? Cette Troisième République qui, comme on peut le lire sur le site de l'Assemblée Nationale, " se consacra à la transformation en profondeur du pays"... "mais fut terrassée en mai en juin 1940".

Cette civilisation est foutue. Nous sommes prêts à construire la nouvelle... mais certainement pas à rafistoler celle du CAC 40 et des usines d'armement.

Un Nouveau monde reste à construire, il ne faut pas qu'il ressemble à l'Ancien.

 


 

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