Entre Méditation et Défoulement

Publié le par Patrick Bénard

 Il faut d’abord rendre hommage à cette collection hors pair qui distribue au compte goutte des analyses fines et construites d’œuvres inouïes autour du rock, pour faire court. Tout a commencé autour de François Gonin qui s’attaque au monstrueux « Pornography », ouvrage ultime des Cure, première version.

Voici la dixième parution depuis 2014. Et là encore, on s’attaque à des disques bouleversants. « Tender Prey » de Nick Cave and the Bad Seeds date de 1988, une période charnière où le crooner/auteur/compositeur se trouve coincé entre trois portes : sa période berlinoise avec une reconnaissance plus grand public grâce à sa participation au film de Wim Wenders, « Les Ailes du Désir », un livre qu’il a du mal à terminer, « Et l’Ane vit l’Ange » et son désir de s’expatrier à nouveau, direction Brésil.

François Girodineau s’attelle à décrire de façon pointue et irréfutable la construction de « Tender Prey », aujourd’hui considéré comme un des trois meilleurs disques de Nick Cave, alors qu’en 1987 il n’avait aucun début d’une idée de ce qu’il allait pouvoir donner à manger à ses Bad Seeds.

Vous allez donc, lecteurs, vous coller à la lecture indispensable de la confection de ce disque tout en l’écoutant façon « Play it Loud », à savoir très fort. Entre punk et blues, Nick Cave décrit ses tourments, ses envies, ses dépressions à travers de « The Mercy Seat », « Deanna », « City of Refuge », « Slowly Goes to the Night », « New Morning ». Accompagnés de ses fidèles Mick Harvey et Blixa Bargeld, il invite à la méditation et au défoulement.

Lecture et écoute absolument indispensables.

 

François Girodineau

Nick Cave and the Bad Seeds : Tender Prey

Discogonie – 114 pages – 10,50 €

Publié dans musique, LIVRES

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