LA PAIMPOLAISE

Publié le par Les auteurs libres

 

La Bretagne - ainsi que toutes les autres régions de France d'ailleurs !- a souvent été chantée.

« Le Pirate de Saint-Malo », par Suzy SOLIDOR, est certes peu connu...Mais en revanche tout le monde a dans l’oreille «Les Parapluies de Cherbourg», ou même, plus récentes, certaines mélodies d’Alan STIVELL ou de Jean-Michel CARADEC.

Mais la plus célèbre de toutes, presqu'autant que « La Marseillaise », c’est « La Paimpolaise ». Contrairement à ce que croit tout un chacun, pas une goutte de sang breton ne coule dans ses veines !

C'est Félix MAYOL (dit « L’homme au brin de muguet ») qui fera connaître la chanson à nos grands-parents, mais foin de Breton ! Félix MAYOL est né à Toulon en 1872.

Petit prodige à la voix d’or, Félix fait ses débuts sur les planches à 13 ans, encouragé par ses parents. Heureusement, Félix devient orphelin, et est repris en mains par un tonton qui n’aime pas les saltimbanques.

Sa carrière est-elle brisée dans l’œuf ? Non, car il lui arrive quelque chose d’unique : sous le pseudonyme de PETIT LUDOVIC, il participe à un spectacle de magiciens ; hypnotisé, l’illusionniste lui fait chanter, en public, les airs à la  mode !

Ce sont ses (timides) débuts, car durant cinq ans il se produit sur toutes les scènes de province... sans grand succès.

Il arrive à Paris le 1er Mai 1895 (d’où son porte-bonheur, le brin de muguet à la boutonnière - et rencontre Théodore BOTREL, qui lui est un véritable Breton de DINAN. Ouf, l’honneur de La "Paimpolaise" est sauf !

Leur rencontre est leur planche de salut, car, avouons-le, l’un sans l’autre n’aurait peut-être pas percé:

Botrel avait tout d’abord signé des oeuvres mineures : « Mes deux soeurs jumelles » et « Il est frisé mon p’tit frère »; respectant les coutumes, il se produit sur scène en costume breton. Il n’hésite pas à confier sa chanson à MAYOL, à condition qu’il la répète jusqu'à atteindre la perfection. Les deux hommes se retrouvèrent donc tous les pendant plusieurs semaines, avec un troisième compère, Paul MARINIER, que l’on pourrait qualifier de directeur artistique avant l’heure. BOTREL, quant à lui, s’apercevra d’une petite imperfection, et modifiera son texte avant l’enregistrement définitif : il avait en effet écrit la peau de la paimpolaise qui pouvait prêter à confusion avec peau de lapin. Alors il change deux mots, qui deviennent la coiffe de la paimpolaise.

MAYOL, quant à lui, soigne aussi sa propre coiffe, puisqu’il porte un serre-tête. Et lorsqu’il l’enlève, on découvre - ce sera son image de marque, un toupet (comme TINTIN). Tout comme ANTOINE soixante-dix ans plus tard avec ses cheveux longs, MAYOL lance une mode : les autres chanteurs le copient, et les coiffeurs se voient réclamer le toupet par des messieurs très chics ! MAYOL superstar se voit proposer les meilleures chansons du moment, dans la même veine, comme cette chanson intitulée « La Petite Bretonne ». Et il aura même un succès encore plus énorme que « La Paimpolaise »...C’est « Viens Poupoule »

(merci à Didier Janeault pour l'idée)

Felix MAYOL avec Gaby MORLAY vers 1914

Felix MAYOL avec Gaby MORLAY vers 1914

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