John George Haigh, le serial killer qui pensait connaître le latin

Publié le par Daniel LESUEUR

L'Anglais John George Haigh est né en 1909 et mort exécuté quarante ans plus tard. Bien que surnommé le Meurtrier au bain acide -ce qui en dit déjà long sur le bonhomme- il avait d'autres spécialités, notamment de boire le sang de ses victimes grâce à une paille fichée dans la veine jugulaire...

Ses parents étaient membres des Frères de Plymouth, une branche du protestantisme évangélique, qui préconise, pour empêcher le Mal d'entrer dans sa demeure, d'en interdire l'accès aux journaux, à la radio et à la télévision. A la place, on lit la Bible inlassablement, et on l'applique à la règle. Les contacts avec autrui sont interdits en dehors des autres membres de la secte.

Dès son plus jeune âge, John George Haigh vit dans la peur du diable et de la punition divine... jusqu'au jour où il se persuade qu'il n'a plus rien à craindre, ni de Dieu, ni des hommes. Fort de cette impunité auto-proclamée, il bascule dans la malhonnêteté. Il va tout d'abord pratiquer l'escroquerie en vendant des voitures qu'il n'a pas. Arrêté, il purge une peine de prison. Il a 26 ans, vient de se marier ; sa femme le plaque. Il ne connaîtra jamais sa fille, qui est née pendant qu'il était sous les verrous.

Il replonge dans l'escroquerie (à l'assurance), tombe dans le vol (de voiture) et effectuera un deuxième et un troisième séjour à l'ombre. Survient la guerre lorsqu'il retrouve la liberté... Il propose de cacher et héberger chez lui un vieil ami à l'âme de déserteur. Il sera, en théorie, la première victime (mais il y en a peut-être eu avant : lorsqu'il sera jugé pour six meurtres, Haigh affirmera en avoir commis neuf).

Malgré de bien piètres études, Haigh était persuadé d'avoir des talents de juriste. Sa méconnaissance du latin le fait tromper sur la signification du corpus delicti (le corps du délit : apporter la preuve qu'un crime a été commis) : il est sûr et certain qu'un meurtre ne peut être prouvé si on ne retrouve pas le corps. En conséquence de quoi il juge imparable le fait de dissoudre dans une baignoire remplie dl'acide nitrique le... corpus de ses victimes. Et ce sera son mode de défense ! Malheureusement pour lui, la police, qui n'est plus à l'âge de pierre, put très bien prouver ses méfaits grâce aux traces de graisse humaine, aux résidus de toutes sortes et aux fragments de dents retrouvés dans la baignoire de Haigh.

 

Publié dans Société, Histoire

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