Qui a écrit ce texte sur Thomas EDISON ?

Publié le par Daniel LESUEUR

 

Dans les nombreuses archives qui me passent entre les mains, en existe une qui demeure mystérieuse dans la mesure où le document - assurément d'époque, comme je vais le prouver - était en si mauvais état de conservation que la signature est illisible. Impossible de connaître le nom de l'ami d'Edison. Nos lecteurs pourront-ils nous renseigner ? Qu'est-ce qui me fait dire que le document est BIEN de 1932 ? La phrase que j'ai mise en gras dans le texte, phrase dans laquelle est évoquée Scott de Martinville : l'auteur du présent billet ignore qu'en 2008 des chercheurs américains ont pu écouter et faire entendre son enregistrement de 1857 : dix secondes de « Au clair de la Lune » d’une qualité indiscutable.

Paris, le 14 décembre 1932

Et me voici parvenu au terme d'une vie bien remplie. Une vie d'Américain installé en France sans jamais avoir coupé les ponts avec ma patrie de naissance. Certes la guerre mit un temps d'arrêt à mes longs voyages outre-Atlantique, mais cette invention, récente à l'époque et qu'on appelle téléphone, me permit de garder le contact avec mon employeur et ami Thomas Edison, décédé l'an passé.

Thomas et moi nous connaissions depuis l'école primaire. Nous avions grandi à Port Huron, dans le Michigan, où toute la famille Edison s'était installée en 1854. « Tom », comme je l'appelais, souffrait de problèmes d'audition, conséquence d'une scarlatine mal soignée, même si, une fois connu, pour embellir sa légende, il attribuera cette surdité précoce à un incident que j'aurai plaisir à relater plus loin.

Nombreux étaient les gamins qui refusaient de jouer avec ce garçon à la fois hyper actif et renfermé. Il est fort possible que sa surdité partielle lui ait permis de s'isoler du monde qui l'entourait, et ainsi de pouvoir plus aisément se concentrer sur ses inventions. Tom était un débrouillard. Plus tard surnommé "Victor Hugo Edison", il serait un touche-à-tout de génie. Parfois gaffeur ou brouillon, pour ma part, il était le compagnon idéal : c'était un fieffé bricoleur, il ne passait pas une journée sans inventer quelque chose... sans en être empêché par une quelconque autorité parentale : avec sept mioches à surveiller, maman Edison n'était pas trop regardante sur les activités de chacun ! Le reste du temps, nous nous rendions à la bibliothèque municipale et dévorions tous les livres traitant de physique et de chimie... sans, hélas, tout comprendre, ce qui nous causera parfois certains désagréments.

À l'époque, l'argent était rare, mais les moyens de le gagner, nombreux, au moins pour qui était entreprenant. Nous avions à tout casser douze ans lorsque nous vendions des fruits et des légumes, des cigares et des cigarettes, des bonbons et que sais-je encore, dans le tortillard pompeusement baptisé Grand Trunk Railway qui reliait Port Huron à Detroit, importante ville de chantiers navals, mais pas encore la capitale mondiale de l'automobile (il faudra attendre 1896 pour y voir débarquer Henry Ford, puis 1903 pour l'installation de ses usines). Et voilà que mon Tom, qui avait toujours... un train d'avance, si j'ose dire, réalise qu'une fois qu'ils ont mangé leur orange ou leur petit pain, les voyageurs qui se rendent sur leur lieu de travail semblent mortellement s'ennuyer. Quelques mois d'économies et nous pûmes faire l'acquisition de produits chimiques (faire des expériences dans le sous-sol de la maison familiale était le dada de Tom) et, d'occasion, un matériel d'imprimerie portatif. Nous étions en 1862 et, à 15 ans, le jeune Thomas Edison inaugurait son propre mini-journal hebdomadaire tiré à 400 exemplaires, le Weekly Herald, premier périodique à paraître à bord d'un train. Les voyageurs se jetaient dessus, au point que bientôt nous fûmes cinq à œuvrer, dont moi, son principal et plus fidèle collaborateur. Dans l'enthousiasme, le responsable de la ligne ferroviaire autorisa Thomas à installer son laboratoire de chimie dans le wagon à bagages. Et là, une embardée du train envoya valser un flacon de phosphore qui provoqua un incendie en explosant... et dont Thomas rendit le vacarme responsable de sa semi-surdité. Nous fûmes tous immédiatement renvoyés. N'empêche qu'au passage notre « boss Tom » avait empoché 2 000 dollars !

 La brillante carrière de Thomas Edison allait-elle être étouffée dans l'œuf ? Non, car un acte d'héroïsme conjugué avec un sérieux coup du destin allait le remettre... sur les rails : en cette même année 1862, Tom sauve un enfant de trois ans, le fils du chef de gare de Port Huron, qui allait se faire écraser par un train. Débordant de gratitude, l'officier accepte d'apprendre à Tom l'alphabet morse et lui accorde l'utilisation de son télégraphe durant deux mois. C'est ainsi qu'à seize ans à peine, Thomas décroche un emploi de télégraphiste à Memphis. Un emploi dont il ne se montre guère digne, mais sa débrouillardise l'aidera à sortir grandi d'une mauvaise passe...

Car rester à surveiller une machine qui ne se met en branle que rarement, pour Thomas, c'est du temps perdu. Autant l'utiliser à recharger ses batteries, en l'occurrence à piquer un petit roupillon ! Sauf que son chef s'en aperçoit et, pour être sûr qu'il ne le paye pas à somnoler ou faire la sieste, il lui intime l'ordre de lui envoyer un message morse toutes les demi-heures pour attester qu'il travaille. Tel est pris qui croyait prendre : Thomas invente un procédé capable d'automatiser le transmetteur !

Bourré d'ambition – ce qui va, à mon grand dam, me priver de le voir quelque temps – Thomas postule auprès de la fort puissante compagnie Western Union basée à Toronto... sans vraiment, au moins a priori, y gagner grand chose puisqu'il reste télégraphiste. Mais au moins cela lui permet-il de continuer ses bricolages géniaux... sans compter qu'il gagne de l'assurance... et de l'argent qui va lui permettre de déposer son tout premier brevet : un transmetteur-récepteur duplex automatique de code Morse capable de transmettre sur un même câble deux dépêches en sens inverse, automatiquement sans intervention humaine. Il était temps car il va se faire licencier avec perte et fracas : poursuivant ses expériences de chimie pendant son travail, il laisse échapper de l'acide sulfurique d'une batterie au plomb, acide qui traverse le plancher et atterrit dans le bureau du directeur !

Qu'à cela ne tienne : en 1868, il est réembauché par la Western Union, mais cette fois à Boston. N'ayant pour ma part aucun job particulièrement enrichissant, je décidai de le rejoindre. Lui et moi sommes maintenant majeurs, l'avenir nous appartient !

Cette année-là, nous inventons et mettons au point une machine de comptage automatique de votes qui, hélas, n'est pas retenue par le Congrès. L'année suivante, curieux de comprendre le fonctionnement de l'agence de change du docteur Laws, Tom se trouve sur les lieux au moment où éclate une panne affectant l'émetteur central ; ayant pu réparer la complexe machinerie, il se voit confier, par Laws lui-même, la direction de ses services techniques. Cette fois, Edison est véritablement saisi par la frénésie de la réussite, et ne cesse de prendre de l'ampleur dans la vie économique du pays. Il lui arrive parfois, cependant, de passer à côté d'une découverte, d'une invention importante. C'est le cas de la machine à écrire, que lui présente un inventeur en 1870 ; pointilleux, Thomas améliore l'engin... mais s'en détourne aussitôt, considérant, peut-être, qu'une telle machine n'a pas d'avenir !

Alors qu'il n'en est rien – Tom brûle les étapes- il a l'impression de végéter, à Boston. Et nous voici à New York à peine un an plus tard !

Les fonds étant en baisse et la vie dans la mégapole beaucoup plus chère qu'à Boston, nous logeons dans une chambre de bonne dans les sous-sols de la chaufferie de la Bourse, à Wall Street. Nous dormons à tour de rôle à côté du téléscripteur qui transmet les cours de l'or sur les marchés financiers... Qui transmet... lorsqu'il ne tombe pas en panne ! Et c'est là qu'une fois de plus le destin va nous guider : ayant aidé un collègue à résoudre une panne importante, tandis que je reste provisoirement en bas de l'échelle, Tom se voit proposer une confortable place d'assistant de l'ingénieur en chef de la Western Union... Un poste passionnant pour le bricoleur dans l'âme qu'il est, ayant pour mission d'améliorer le téléscripteur de la Bourse de New York.

Puis la Western Union le presse d'inventer un appareil téléphonique plus performant que celui de Bell. Roi du recyclage, Tom utilise le projet d'une machine qu'il avait conçue de longue date : l'électromotographe, récepteur constitué d'un cylindre de chaux imprégné d'une solution de potasse sur lequel frottait un index. Et ça marche, au point qu'en cinq ans, Edison a gagné 40 000 dollars. Et mon Thomas va encore déménager. Pas trop loin, cette fois : il va investir le New Jersey et me payer de ma fidélité en me nommant sous-directeur de la société qu'il va fonder, Menlo Park, aux multiples activités, comme on pouvait s'y attendre de la part d'un gaillard que tout intéresse.

Nous dirigeons maintenant une équipe de soixante chercheurs salariés qui travaillent la main dans la main, ce qui s'avère beaucoup plus efficace (et beaucoup plus rentable !) que de les laisser piétiner isolés, à tâtonner, ou, pire, à l'aveugle. Pour Tom, c'est un rêve éveillé, et il ne ménage pas sa peine : il vit dans son laboratoire et ne dort que quatre heures. On le dit capable de travailler 48 heures, voire 72 heures d'affilée. Croit-on qu'il en fait trop ? Durant toute sa vie, il aura déposé 1074 brevets d'inventions. Thomas était très procédurier et, à part moi qui étais son bras droit et à qui il accordait totale confiance et liberté d'agir, tout le monde se plaignait de son exigence qui tournait à la tyrannie. Mais il était obligé : la plupart des brevets sont pris pour protéger le domaine couvert par l’invention. Il en faut au moins dix ou quinze pour empêcher qu’on ne puisse dérober une invention valable. Sans un travail acharné et une débauche de moyens que les autres n'ont pas, il se serait plusieurs fois fait griller au poteau. Et c'est d'ailleurs pour cela qu'il m'envoya en France comme représentant exclusif pour l'Europe : le Vieux Continent était en pleine ébullition... mais pourquoi la France, me direz-vous ?

En 1857, Thomas avait eu vent d'une invention qui lui semblait tout à fait intéressante... au moins à creuser : le Français Edouard Léon Scott de Martinville, typographe correcteur de l'Académie des Sciences, venait d'inventer le phonotaugraphe, machine qui enregistrait du son sur du noir de fumée. Grâce à Scott de Martinville, l'enregistrement du son était réalisé... mais seulement théoriquement, car un fin trait sur du noir de fumée ne pouvait, hélas, pas servir à la reproduction des sons ainsi enregistrés. Il y avait de quoi titiller notre Edison !

Thomas réalisa son premier phonographe et le présenta fin 1877 au journal Scientific American. Une machine certes encore rudimentaire, car simplement constituée d'un cylindre mobile recouvert d'une feuille d'étain très fine, et d'un diaphragme enregistreur qui servait également à reproduire le son en y ajoutant un pavillon. L'année suivante, il imagina d'en amplifier le son à l'air comprimé. Sa trouvaille était fortuite : alors qu'il s'amusait à parler dans son chapeau (à part lui, qui en aurait eu l'idée ?), sorte de grand haut-de-forme, il s'aperçut que sa voix faisait vibrer le fond extérieur du dit chapeau ; c'était le principe de la plaque vibrante, que les inventeurs Gray et Bell venaient d'appliquer au téléphone.

Ma mission eut-elle été de simplement informer Thomas de l'évolution, en France, des procédés d'enregistrement sonore, que j'aurais joué sur du velours : notre principal concurrent était Charles Cros, et ses moyens financiers étaient inexistants : le 18 avril 1877, il déposa à l'Académie des Sciences de Paris le brevet théorique du paléophone. Brevet théorique : il l’avait rédigé deux jours auparavant... et n'avait pas en poche les 50 francs nécessaires pour officialiser sa trouvaille, et encore moins les 3 000 francs or que lui aurait demandés le constructeur Bréguet pour réaliser un prototype. Néanmoins, cette enveloppe cachetée faisait preuve d'antériorité par rapport à nous qui déposâmes notre brevet le 19 décembre seulement, après que Thomas ait pu, concrètement, le 4 décembre, réaliser le premier enregistrement sonore : notre prototype, à nous, était disponible. Edison n'expérimenta pas lui-même son phonographe, mais lança à notre collaborateur Charles Batchelor : "Voyez ce petit appareil, parlez-lui et il reproduira votre voix". C'est Charles, donc, qui prononça, enregistra et réécouta la phrase suivante : "Comment trouves-tu cela ?". Laconique, mais historique !

Si, dans la pratique, Edison avait été le premier à faire fonctionner sa machine devant des témoins, Charles Cros avait fait ouvrir le 3 décembre son pli cacheté du 18 avril, qui prouva indiscutablement sa légère avance sur nous, et encore l'année suivante : c'est sous le nom de phonographe que serait enregistré, le 19 février 1878, l'engin de Charles Cros... dont l'exploitation commerciale ne commencerait, de part et d'autre de l'Atlantique, qu'une quinzaine d'années plus tard. Entre-temps, une féroce concurrence ferait rage de la part de Charles Pathé qui avait découvert notre engin exposé sur la foire de Vincennes. Subjugué, il avait décidé de devenir montreur de phonographes... malgré son impossibilité à réunir le prix de notre coûteuse machine. En désespoir de cause, le bougre dut, d'abord, se résoudre à proposer aux forains de toute la France les gramophones et cylindres que par mon truchement il importa, dégageant ainsi une marge substantielle, puis, s'associant avec son frère Émile, fonda la société Pathé Frères au 100, puis au 72 Cours de Vincennes à Paris.

Jusqu'aux premières années du XXe siècle nous allions nous battre, sur le terrain, contre des adversaires redoutables, notamment Pathé, William Bell et la Columbia. Avec nos cylindres (ou « rouleaux ») hyper performants, de longue durée et réenregistrables, nous avions commis une erreur de stratégie économique : au final, c'est le disque rond et plat, moins sophistiqué mais beaucoup moins cher, qui remporterait le marché. Mais cette mésaventure était loin de constituer l'essentiel de mes soucis...

Alors que j'étais en France depuis une bonne dizaine d'années, Thomas, qui voyait de plus en plus grand, s'installa à West Orange pour démultiplier la taille de ses laboratoires de recherche, sur un immense complexe industriel comportant 14 bâtiments, dont six consacrés à la recherche et au développement, une usine de fabrique d'ampoules, une centrale de production électrique et une bibliothèque et plus de 5 000 employés. Nous étions alors en 1887... et j'avais du pain sur la planche : après quatre années d'un calme relatif sur le plan de la concurrence européenne qui me permirent de faire, avec mon épouse française, de fréquents aller-retours au pays, la vieille Europe causa bien du tracas à mon ami qui entendait rester à jamais le premier et le meilleur. En 1891, en effet, Thomas me renvoya, non seulement dans la capitale de l'Hexagone, mais également à Lyon : des deux grandes villes françaises venaient de se faire remarquer des gens nommés Pathé, Gaumont et Lumière... même que le nom de ces derniers faisait grincer des dents mon vieil ami : comment un « Lumière » pouvait-il l'inquiéter, lui, qui avait inventé l'éclairage public, adopté jusqu'à Paris exactement dix ans auparavant : c'est moi-même qui, en 1881, avais fait une démonstration des ampoules électriques à incandescence à l'Exposition Internationale d'Électricité de Paris. D'ailleurs, deux petites plaques furent ensuite encastrées dans un mur de la rue de Faubourg-Poissonnière pour attester des débuts de l'électrification de Paris par nos soins.

En 1888, jamais à court d’idées, Thomas imagine le linguaphone ; il ne s’agit pas, comme son nom prête à croire, d’un appareil destiné à apprendre les langues, mais... à remplacer les sifflets des locomotives !

Mais revenons à nos Lumière que, moi, en France, je continuais de surveiller du coin de l'œil... pour ne pas avouer que je les espionnais....

Thomas avait inventé le kinétoscope, sorte de cinéma monté dans une machine à sous. Il sera rapidement évincé par le cinématographe. Néanmoins une autre machine du même type que le kinétoscope, le mutoscope, mise au point aux U.S.A., fut construite en France par la société Gaumont. Pour le prix de dix centimes, on pouvait admirer une scène animée constituée d’un millier

d’images imprimées, non pas sur pellicule, mais sur papier. En 1900 enfin, dans un dernier sursaut pour résister au cinéma, un ultime appareil serait conçu, le kinora, plus petit, et donc moins cher. De quoi faire enrager mon ami qui était intimement persuadé qu'il avait inventé le cinéma.

1900... Je suis toujours à Paris, et ne le regrette pas : la vedette du siècle, ou au moins de l'année, c'est l'Expo ! L'Exposition Universelle de 1900 !

Les badauds peuvent assister aux premières séances de Phono-Cinéma-Théâtre. Le succès est tel qu'après la fermeture de l'Exposition, le Phono-Cinéma-Théâtre continuera sa carrière en plein Paris, boulevard Bonne-Nouvelle, puis entamera une tournée de plusieurs mois à travers l'Europe. L'idée sera ensuite perfectionnée par Léon Gaumont qui, en 1905, inventera les phonoscènes d'un principe à la fois simple et astucieux : un artiste est filmé une première fois lorsqu'il interprète sa chanson, puis il la chante une seconde fois dans le but de post-synchroniser le film déjà réalisé ; c’est le phonocinématographe. Avec une mauvaise foi qui n’avait d’égale que son génie, Edison, parfois, “en faisait trop”. A preuve ce procès qu’il perdit en 1913 concernant la paternité du film cinématographique. Thomas avait, certes, œuvré efficacement pour faire évoluer le septième art, mais sa contribution résidait dans le dispositif d’entraînement du film, alors que le film lui-même avait indiscutablement été créé par George Eastman.

Encore une invention, et pas des moindres : les machines à dicter. En 1910, celles de Thomas avaient gagné des parts de marché, leur technique ne cessant de s’améliorer : les cylindres de ces machines de bureau enregistraient jusqu’à 1 200 mots, et étaient réenregistrables une bonne centaine de fois après avoir été rabotés sur une machine spéciale. Mais la concurrence restait âpre : en 1913, Pathé proposa le ronéophone, machine similaire mais utilisant des disques à la place des cylindres, eux aussi réutilisables après rabotage.

Puis la guerre éclata et je ne revis plus mon ami : quatre ans plus tard, je me sentais trop las pour retraverser l'Atlantique. Je savais que lui était toujours actif : en 1930, âgé de 83 ans, il menait encore des tests sur 17 000 plantes pour produire de la gomme synthétique. La même année, il déposa son dernier brevet.

Mon meilleur ami mourut le 18 octobre 1931. À sa mémoire, celle de l’homme qui avait tant fait dans le domaine de l’éclairage public, une minute d’obscurité fut respectée dans tous les États-Unis. Après son enterrement, je revins définitivement en France, goûter une retraite bien méritée... sans pour autant cesser de m'intéresser au monde de l'innovation. La semaine prochaine, notamment, j'assisterai à la démonstration d'une nouvelle invention du Français René Barthélemy, une caméra de télévision, et à la diffusion d'un programme expérimental en noir et blanc d'une heure par semaine. Une centaine de postes recevront ensuite ce programme intitulé « Paris Télévision », la plupart dans les services publics. Je n'y crois pas vraiment... mais Thomas, lui, qu'en aurait-il pensé ? La télévision, un avenir ? Ça m'étonnerait !

 

 

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