Les CREAM, inventeurs du free rock

Publié le par Les auteurs libres

Dans le livre CREAM 1966 - 1968 et après à sortir fin octobre 2019 aux éditions Camion Blanc (référence CB 403) on saura bientôt TOUT sur le fabuleux trio, et particulièrement sur GINGER BAKER considéré par beaucoup comme le meilleur batteur de rock de tous les temps.

... "free rock"... Le terme est rarement utilisé, si l'on pense à ceux, rabâchés, de hard rock, punk rock, pop rock. Et si l'on en croit Encyclopaedia Universalis... n'a rien à voir avec le rock, puisque la vénérable encyclopédie ne se réfère qu'au jazz, datant sa naissance de 1968 et lui attribuant pour papa Miles Davis :

FREE ROCK nom donné parfois à un courant qui a tenté soit la synthèse, soit la mise en rapport dialectique, soit encore le collage pur et simple d'éléments empruntés au free jazz (hyperexpressionnisme sonore, refus par le soliste de la mélodie et de la trame harmonique) et de composantes caractéristiques de la musique dite pop (rythme binaire, primauté accordée aux instruments électriquement amplifiés, intervention de l'électronique). Le free rock fut principalement représenté par Miles Davis.

Eh bien, désolé pour Encyclopaedia Universalis, le free rock fut inventé un peu avant par le trio anglais CREAM (Eric Clapton, Jack Bruce et Ginger Baker), et non pas dès leur début, mi-1966, mais un an plus tard. On prétend à tort que dès le début le trio a pratiqué l'improvisation. Et pour justifier cette ânerie, on explique qu'ils l'ont fait parce que le public réclamait davantage que leur répertoire succinct ; l'on ajoute, pour preuve, que Ginger s'évanouissait régulièrement, d'épuisement, en plein solo de batterie sur « Toad ». Cela arriva, en effet, notamment le 8 octobre 1966, mais c'étaient les effets de la grippe. Donc rétablissons la vérité : durant quelques mois les concerts de Cream ne duraient que quarante-cinq minutes. À preuve ceux qui circulent dans le milieu des collectionneurs. Ce n'est qu'à partir de leurs premiers concerts américains, précisément ceux du Fillmore du 22 août au 3 septembre 1967, que les trois vont se lâcher et improviser.

On ne dira jamais assez à quel point le Fillmore West fut déterminant pour le trio. Parce qu'au Fillmore les artistes se produisaient deux fois par soir. Quel rapport avec l'évolution de la musique de Cream ?, direz-vous... Tout simplement parce que jouer les mêmes titres de la même manière deux fois au même endroit le même jour est... très chiant. Aussi est-ce à partir des concerts au Fillmore que Cream se mit à improviser les fabuleux solos que nous adorons, tous presque différents les uns des autres. Parmi les plus spectaculaires :

une version de 18 minutes de "N.S.U." le 10 septembre 1967 à Waltham... (cliquer ICI)... Une autre de 16 minutes à Detroit le 11 août de la même année (cliquer ICI).

une version de 17 minutes de "Sunshine of Your Love" le 5 avril 1968 à Boston... cliquer ICI

une version de 21 minutes de « Spoonful » au Grande Ballroom de Detroit le 15 octobre 1967 cliquer ICI

et bien sur la version de plus de 13 minutes de "Steppin' Out" sur LIVE CREAM Volume 2.

 

Publié dans musique, LIVRES

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