Les conteneurs à verre

Publié le par Les auteurs libres

    Je viens, comme chaque semaine, d'aller jeter ma vingtaine de bouteilles (vides. Je jette jamais les pleines. Faut vraiment être bourré pour jeter des bouteilles pleines). Quand je dis "vingtaine", c'est très précisément 23 : sept fois trois, ce qui donne 21, et un petit bonus le dimanche midi pour favoriser ma sieste à la fois hebdomadaire et dominicale, l'un n'empêche pas l'autre). Le compte est bon : 23.

Chaque soir (mais pas le dimanche midi, j'ai hâte d'aller m'assoupir)... Chaque soir, disé-je, je tapote énergiquement le cul des bouteilles. Oui, vous avez bien lu, ce n'est pas une faute de français : énergiquement, pour ne pas perdre la moindre goutte du divin breuvage... mais "tapote" car je ne veux pas prendre le risque de me retrouver avec du verre brisé dans la moquette. En février, on s'en fout, ça n'a pas d'incidence... mais si je passe pas l'aspirateur d'ici le mois d'août, je vous dis pas la douleur lorsque j'arpenterai le salon pieds nus.

Adoncques chaque soir mes bouteilles se retrouvent désespérément vides. Or quelle ne fut pas la surprise, devant mes grands yeux ébahis, de constater, au moment de les jeter dans le container, que toutes les 23 étaient PLEINES DE GOUTTES ! Et je râlais, pensant que 23 paquets de gouttes représentaient peut-être kèk chose comme un demi-verre. et tout à coup je pensais à la fameuse "sixième dose" des vaccins Pfizer (des beaux enculés, ceux-là, soit dit en passant).

Bon... mais mon propos du jour était de vous parler des nouveaux containers, ceux qui ont un trou supplémentaire, un peu plus bas, avec un pictogramme. C'est pour les handicapés alcooliques. Et les alcooliques handicapés, comme les alcooliques anonymes. Je sais pas si on doit dire de préférence "alcooliques handicapés" ou "handicapés alcooliques".

Les alcooliques handicapés, c'est des mecs qui buvaient, et, fatalement, un jour ils ont eu un accident.

Les handicapés alcooliques, c'est des mecs qui boivent pour oublier leur handicap.

Bref c'est pas la même chose.

J'étais pas en fauteuil roulant mais, malgré le pictogramme, j'ai mis mes bouteilles dans le trou "handicapés" parce que ça me faisait moins haut, pour les bras. J'espère que j'aurai pas une amende. Sur les parkings, t'en as si tu mets ta voiture sur une place handicapé et que t'es pas handicapé. Alors c'est peut-être pareil pour le verre. Je sais pas...

Ce qui m'interpelle, c'est qu'il existait déjà des conteneurs avec un troisième trou plus bas et ils ont disparu, les containers à trois trous (... ça ressemblait un peu à des robots, ça faisait peur aux mômes. C'est peut-être pour ça qu'ils ont disparu : pour pas foutre les chocottes aux morveux : si tu les traumatise à huit ans, une fois adultes, ils n'iront pas au container, ils favoriseront la décharge sauvage). En tout cas, le troisième trou, c'était pas pour les handicapés. C'était pour les bidons. Pour pas mélanger le verre avec le plastique.

Publié dans Société, humour noir

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article