Léo Ferré : histoire de la chanson "Poètes de sept ans"

Publié le par Les auteurs libres

Dans le livre à paraître aux éditions CAMION BLANC, "ROLL OVER RIMBAUD, le poète et la contre-culture", l'auteur Jean-Paul GERMONVILLE raconte la genèse de cette chanson que Ferré lui a révélée à l'occasion d'une interview en 1986...

- Le final de votre version des Poètes De Sept Ans est une pure merveille. Votre voix s’envole littéralement quand vous reprenez Et pressentant violemment la voile. L’intonation a toute la dimension du voyage ». Alors il se met à sourire. « Tu sais d’où vient la mélodie. Je peux te le confier… Quand Trénet s’est retrouvé au trou pour une histoire de moeurs, j’ai écrit une chanson. Je l’ai interprétée le soir à Deauville. Côté spectateurs, c’était le masque. Tu aurais vu ces visages scandalisés. À sa libération, Trénet a raconté qu’il s’était bien plu en prison. Qu’il allait à la messe pour chanter… Un bon moment en somme. Le con. Alors j’ai déchiré le texte. Plus de chanson sur les heurts et malheurs de Charles. Et puis j’ai travaillé sur mon enregistrement des Poètes et la mélodie, à peu de choses près, convenait parfaitement. Par la suite, quand je me suis retrouvé au studio, il ne manquait plus qu’une partie de violon pour que je place ma voix sur le texte des Poètes De Sept Ans. Il était midi et le musicien, mais méritait-il cette appellation, a décidé que la pause déjeuner était obligatoire et il s’est cassé. Il s’appelait Di Benedetti.

J’étais contrarié. Dans un couloir, je rencontre Yehudi Menuhin qui enregistrait juste à côté. Il m’interpelle : Quelque chose ne va pas Léo ? Je lui raconte. Il va chercher son instrument, lit la partition et la joue. Une prise a suffi. Quand l’autre est revenu, je lui ai expliqué : Ecoute et tu rentres chez toi ! ».

Publié dans musique, PEOPLE

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