La délinquance est-elle VRAIMENT en baisse... ou bien la société est-elle plus... coulante envers les délinquants ?

Publié le par Les auteurs libres

 Depuis des décennies chaque ministre de l'Intérieur proclame que, sous sa tutelle, la délinquance est en baisse de "x" %. Alors, si l'on fait les comptes,  "x" % +  "x" % +  "x" % +  "x" %, il ne devrait plus y avoir personne en prison puisque la délinquance, au fil du temps, serait réduite quasiment à zéro. Pourtant ce n'est pas le sentiment que l'on a... Alors, pour afficher des résultats en baisse, ne peut-on pas penser - d'ailleurs, ça fait chier, au commissariat, de taper un rapport sur un vol de portable, un passage à tabac ou un sac à main arraché au bras d'une vieille... voire un p'tit trafic de drogue : à quoi ça servirait quand on envisage de dépénaliser le cannabis ! - je reprends ma phrase...  ne peut-on pas penser que c'est, non pas la délinquance qui est en baisse, mais le NIVEAU de délinquance caractérisée qui est, au contraire, en hausse ? Gérard COLLOMB a eu la décence (le réalisme ?) de ne pas afficher le triomphalisme de ses prédécesseurs :

« Si j'ai un message à faire passer - je suis allé dans tous ces quartiers, des quartiers nord de Marseille au Mirail à Toulouse [et] à ceux de la couronne parisienne : Corbeil, Aulnay, Sevran -, c’est que la situation est très dégradée, et le terme de “reconquête républicaine” prend là tout son sens parce que, aujourd’hui, dans ces quartiers, c’est la loi du plus fort qui s’impose, celle des narcotrafiquants et des islamistes radicaux, qui a pris la place de la République. Aujourd’hui, on vit côte à côte, je crains que demain on vive face à face. »

Purée, ça fout les chocottes ! Y aura encore de la dinde rôtie et de la bagnole brûlée à noël !

Juste pour "relativiser" (le mot est à la mode), voyons l'évolution sur 150 à 200 ans, et non pas d'une année sur l'autre depuis Mitterrand, Chirac, Sarko ou Hollande :

En 1801 Pierre Maurin (qui servit de modèle à Victor Hugo pour son personnage Jean Valjean) fut condamné à cinq années de bagne pour le vol d'un pain, ce qu'il avait fait pour nourrir les sept enfants affamés de sa sœur.

 C'est dans la prison de Mazas qu'en 1862 fut incarcéré, durant 73 jours, Georges Clémenceau pour avoir appelé à manifester pour commémorer la révolution de 1848. C'est dans cette même prison parisienne qu'en 1870 Rimbaud fut incarcéré : il avait pris le train sans avoir acheté de titre de transport. Quant à son ami Baudelaire, il fut, lui, traîné en justice après l'interdiction de ses Fleurs Du Mal.

Vous le voyez, les motifs pour envoyer quelqu'un en taule relevaient de ce que l'on appelait le "vol de pomme", qui pouvait aussi bien être le vol d'une saucisse, d'une tranche de jambon ou d'un peu de charbon, faits-divers dont regorgent les quotidiens du début du vingtième siècle.

Aujourd'hui, pour aller en prison, faut VRAIMENT le vouloir !

 

Publié dans Société

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