Histoire d'une chanson de 1966 : OUT OF TIME (Jagger - Richards)

Publié le par Daniel LESUEUR

Quatre versions à écouter !  La maquette des ROLLING STONES telle qu'elle fut présentée à Chris FARLOWE (cliquer ICI), la version de Chris FARLOWE (cliquer ICI), la version officielle des ROLLING STONES (cliquer ICI) et la version française de Richard ANTHONY (cliquer ICI)

Dans  NO QUARTER, Les Trois Vies de Jimmy PAGE, le livre de Martin POWER à paraître ce mois aux éditions Camion Blanc, l'auteur raconte la genèse de ce titre emblématique

« Out Of Time » par Chris Farlowe fut n°1 en Angleterre durant l’été 1966 ; ce premier succès anglais du label Immediate avait été enregistré le 30 avril sous la direction de Mick Jagger /

Mick Jagger avait déjà écrit quelques bonnes chansons pour moi comme « Think », raconte Chris FARLOWE. Un jour, il me téléphona : « Hey, j’en ai une nouvelle pour toi. Viens vite l’écouter ». Je me rendis chez lui à Harley Street et il me joua « Out Of Time à la guitare. Mon premier sentiment fut que ce n’était pas pour moi : « Je ne suis pas certain de l’aimer », lui dis-je, « non, vraiment pas sûr ». Pas décontenancé, il me dit : Fais un effort d’imagination, ce sera géant une fois que tout sera orchestré convenablement». Et de fait lorsque je me rendis au studio quelques semaines plus tard et vis tout l’orchestre, particulièrement les violoncelles, et qu’ils se mirent à jouer… Ouais, on rentrait dans l’histoire !

La façon dont « Out Of Time » fut enregistré est représentative du fonctionnement d’une séance dans les années soixante. En charge, Jagger et Oldham. À la tête de l’orchestre, le célèbre Arthur Greenslade. Derrière le micro, Chris Farlowe, dont on connaissait la puissance des cordes vocales : il allait faire du boucan, on pouvait lui faire confiance pour donner le meilleur de lui-même.

Et, ondulant entre les violons, les flûtes et les hautbois, le frêle Jimmy Page et sa guitare :

C’était toujours un plaisir de le voir. Il avait commencé humble guitariste de séance, déjà aussi bon à l’époque qu’il l’était devenu. Si présent sur autant de disques et, pourtant, semblant toujours aussi jeune.

Notre énumération ne serait pas complète si nous omettions de parler de John Carter, venu prêter main forte pour les choeurs et témoin de la mémorable session :

Arthur Greenslade avait écrit tous les arrangements. Il entra dans le studio, rappela à l’ordre les musiciens et les avait lancés lorsque, après le premier couplet et le premier refrain, surgit Jagger : « Non, ça ne va pas, ça ne va pas »… C’était bien triste pour le grand arrangeur qu’était Greenslade, mais, de toute évidence, cette fois, il s’était fourvoyé : alors qu’il l’entendait comme une ballade, Mick voulait un truc beaucoup plus funky. Pour se faire comprendre, il n’y avait qu’une seule façon : il nous dit, à nous, les choristes : « Je vais vous rejoindre et le chanter avec vous ». Et c’est ce qu’il fit. Jimmy nous regardait en souriant. C’est vrai que, pour cette fois, il était peinard, il n’avait pas grand-chose à faire !

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Publié dans musique, COLLECTIONS, LIVRES

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