La Fin du Swinging London

Publié le par Patrick Bénard

  Peut-on tout connaître de l’histoire du rock anglais depuis ses origines ?... Sans doute non. Pourtant Christophe Delbrouck, à qui l’on doit une superbe trilogie sur Frank Zappa parue chez le même éditeur, s’attaque à une immense tâche : nous faire (re)vivre toutes ses années.

« British Rock », depuis 2013, nous fait languir à chaque tome de sa remarquable entreprise. Le troisième opus s’attelle à la période charnière 1968 – 1972.

Charnière pour diverses raisons :

- la fin houleuse des Beatles, donc une certaine forme de pop-rock qui s’achève et huit ans d’une carrière qui va au-delà de tout espérance. On accuse McCartney d’être à l’origine de la séparation du groupe alors que Lennon a tout fait, avec sa compagne Yoko Ono, pour qu’il en soit ainsi.

- C’est aussi la fin d’une période anglaise où les groupes vivaient aussi bien, pour ne pas dire mieux, dans leur pays qu’aux Etats-Unis. A ce propos, il est utile de comprendre l’importance des festivals au cours de la période hippie que l’Angleterre adoptera avec deux ans de retard. Ce sont les Rolling Stones et le funeste concert d’Altamont qui mettront fin à une mode et des mœurs plus ouverte, disons.

Dès lors il faut se reconstruire, apprendre un nouveau langage musical. Celui-ci va se développer à l’infini dans des circonvolutions où le rock rejoindra, parfois le jazz, plus complexe. On voit apparaître des groupes plus tortueux dans leur style : Pink Floyd, bien sûr, mais aussi les débuts de Yes ou de Genesis, de Jethro Tull, d’Emerson Lake and Palmer également.

Le rock s’affine, s’écoute mais ne déchaîne plus les passions. Il devient « progressif » selon la définition. Il faut attendre une autre génération qui comprend qu’il faut galvaniser à nouveau le public. C’est l’heure du glam et de ses paillettes : Marc Bolan, Roxy Music et surtout David Bowie vont sortir leur épingle du jeu. Tout cela est remarquablement compté dans le détail avec ce troisième tome intitulé « Pop, Rock, Glam ». On attend avec impatience la suite d’ici deux ans avec peut-être les prémices du punk.

 

Christophe Delbrouck

British Rock

1968 – 1972 : Pop, Rock, Glam

Castor Music – 384 pages – 24 €

 

 

Publié dans musique, COLLECTIONS, PEOPLE, LIVRES

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