Le retour du vinyle : la grande illusion

Publié le par Daniel LESUEUR

La soi-disant qualité supérieure des vinyles qui sortent en ce début de 21è siècle

Il faut regarder la réalité et se poser les bonnes questions !

Pour les nouveaux enregistrements, la source est numérique dans quasiment tous les cas et ce depuis très longtemps. Seuls 0,1% des masters proviennent d’une source analogique (lire à ce sujet l’excellent article de Jean-Baptiste Roch dans Télérama du 31/07/2017). Plus personne n’enregistre sur des consoles analogiques pour la bonne raison qu’elles ont disparu depuis des lustres ainsi que la plupart des studios. Les musiciens eux-mêmes utilisent des ordinateurs et des bases de données numériques pour réaliser leurs albums. De plus, avant d’arriver à la phase ultime de pressage des disques vinyles, il y a tout un processus spécifique de traitement de la source master à réaliser afin d’obtenir une qualité de son compatible avec une écoute sur platine. En effet, il faut tenir compte de deux caractéristiques essentielles propres aux disques vinyles.

Tout d’abord, dans le domaine de l’analogique, le mode de capture du son est bien particulier et sans doute un peu différent de ce qu’imagine le quidam. Au départ, il s’agit de réaliser un enregistrement en partant de vibrations sonores émises qui vont être ensuite converties en impulsions électriques. Le résultat obtenu est un signal sonore continu qui reproduit le plus fidèlement possible les courbes de l’onde sonore d’origine dans son amplitude et dans ses fréquences. C’est donc bien la représentation réelle de ce processus qui est d’abord gravée sur un master puis lue sur un vinyle avec les contrainte propres physiques propres à la lecture d’un sillon.

La deuxième spécificité pourra paraître évidente dans son énoncé, il n’en reste pas moins qu’elle ne peut être éludée. Car, qui dit lecture d’un disque vinyle dit contact physique. Cela induit donc d’une part la présence d’un bruit parasite lors du frottement entre le saphir et la laque du sillon et d’autre part une réponse dans la lecture des fréquences (notamment les aigus) bien différentes de celle d’un support numérique ou même magnétique.

Ces deux particularités nécessitent donc de réaliser un décryptage et un traitement adapté des données sonores de départ. Notamment afin, lors de la reproduction, de ne pas dépasser un certain niveau d’amplitude pour rester en cohérence avec l’oscillation du sillon et respecter la distance des spires. Un limiteur est donc utilisé lors de la gravure du master pour écrêter le signal et ainsi respecter la largeur maxi du sillon. Cette opération plus quelques autres portant sur l’amélioration de la source sonore obtenue (notamment le traitement optimisé des fréquences) permettent au saphir d’une platine d’effectuer une lecture optimale des informations gravées dans le sillon du vinyle. Sinon, le rendu ne sera pas bon lors de l’écoute du disque et c’est bien effectivement ce qui arrive trop souvent. Car visiblement, certains ne se posent pas de questions et passent cette étape, ou plutôt ces étapes techniques pourtant indispensables. Pour les rééditions, la simple conscience professionnelle voudrait que l’on reparte des bandes analogiques d’origine (les fameux masters) voire de copies nettoyées et remastérisées, ou à défaut que l’on puisse réutiliser les gravures acétates ou les gravures métal. Mais bien sûr, comme cela n’est pas possible, soit pour des raisons d’économie soit parce que les précieux documents ne sont plus disponibles ou en mauvais état, il faut trouver une autre solution. Et la solution est simple...

Repartir d’une source numérique et donc dans certains cas… d’un CD !

Là, ce n’est pas tant le tour de passe-passe, ou bien disons la manipulation, qui est en cause (car à partir de données numériques avec des formats respectant les informations sonores, il est tout à fait possible d’obtenir un excellent résultat sur vinyle) mais bien la malhonnêteté intellectuelle qui organise sciemment la confusion et qui fait croire au consommateur qu’il peut retrouver un produit identique en qualité à son équivalent d’époque. En clair, la plupart des disques vinyles commercialisés aujourd’hui ont perdu leur propriété analogique, celle-là même qui est censée faire toute la différence pour les puristes, et ils ne sont en fait que de simples produits marketing de la culture du digital.

Ces informations, et des milliers d'autres, se trouveront dans un livre de Louis de Ny à paraître aux éditions Camion Blanc ( PLONGÉE AU COEUR DU ROCK PROGRESSIF ITALIEN : Le théâtre des émotions). Et pour calmer votre impatience de le voir sortir, vous pouvez d'ores et déjà acquérir le premier volume : LE PETIT MONDE DU ROCK PROGRESSIF ITALIEN Une discographie amoureuse (CLIQUER ICI).

 

 

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