De l’insouciance à la conscience.

Publié le par Patrick Bénard

  A-t-on tout dit sur les Rolling Stones ?... Sans doute oui, pour l’essentiel. Mais pour ceux qui s’intéressent de près (ou de loin) à l’histoire du rock, voici un épisode capital pour comprendre comment on passe d’un groupe déglingué, ouvert à toutes possibilités sans remords ni regrets à une renaissance douloureuse.

1971 est l’année où les Stones deviennent adultes. Ca ne veut pas dire qu’ils n’ont rien vécu avant (la mort de Brian Jones, la catastrophe d’Altamont), ça signifie juste qu’il est temps de changer d’air, sans renoncer aux excès. Pas leur truc à cette période.

Robert Greenfield réussit l’exploit de les suivre pendant la période la plus excessive du groupe. Entre tournées explosives aux Etats-Unis et poursuites exacerbées des forces de l’ordre anglaises pour leur consommation abusive de drogues diverses, les Stones sont au bord du burn out, qui n’existait pas, soi-disant, à l’époque. Il ne les traque pas puisqu’il est admis au sein de la communauté. A travers ce livre, on suit donc le groupe à travers sa dernière tournée anglaise avant l’exil en France, pour des raisons fiscales notamment (un comble, pour nous, aujourd’hui !) jusqu’à l’accouchement d’un de leurs plus beaux albums, « Exile on Main Street », sorti en 1973.

L’ouvrage a été, certes, décrié mais en voulant affirmer leurs préférences musicales, le blues et rien d’autre… ou presque, le quintet, où figure encore Mick Taylor à la guitare rythmique, montre toutes ses capacités à se renouveler tout en rendant hommage aux figures marquantes d’une musique issue des milieux pauvres noirs d’Amérique. Ce pays va les accueillir lentement mais sûrement et les Stones passeront alors de groupe de scène à groupe de stade.

Robert Greenfield

En Route pour l’Exil

Les Rolling Stones -1971, la fin de l’insouciance

Castor music – 204 pages – 20 €

Publié dans musique, LIVRES

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