... à quand un sérieux contrôle de Facebook ?

Publié le par Daniel LESUEUR

... à quand un sérieux contrôle de Facebook ?

Le célèbre site, qui était au départ un lieu de convivialité et de paisibles retrouvailles, et qui aurait pu devenir un vaste espace d'échanges culturels, avait déjà perdu, de longue date, tout son intérêt, gâché par tous les petits esprits qui jugent intéressant de raconter à tous qu'ils se sont commandé une pizza... lorsqu'il ne s'agit pas de pans de la vie privée, voire intime, qu'ils regretteront d'avoir dévoilés lorsqu'ils auront dessaoulé. Car contrairement aux discussions de poivrots au bistrot dont "les paroles s'envolent", "les écrits restent", sur Facebook. A preuve cette rubrique consacrée aux écrits antérieurs que Facebook exhume : "il y a trois ans, vous écriviez ceci, sur Facebook..."

Si vous avez pris le temps, régulièrement, de consulter les posts posés sur FB, vous avez obligatoirement noté la proportion ahurissante de positions négatives et haineuses. Le site est en partie un exutoire, un défouloir. La haine y distille son venin sans aucun contrôle. Et, ce qui est le plus étonnant, c'est que ces appels à la haine gratuits proviennent de ceux qui se considèrent comme des "bien pensants". Alors que le portrait de personnalités publiques devrait faire l'objet d'une étude sérieuse, un vrai travail de journaliste, sur Facebook, l'enquête se résume à "C'est un con" ou "C'est un facho"... et quand on peut relayer l'investigation avec, à l'appui, une photo truquée, roulez jeunesse. C'est de la haine gratuite. Encore heureux qu'en ce jour de commémoration de Verdun nul n'ait trop pensé à raviver la "haine du Boche".

Le point de non-retour de la haine connaît un pic dans les périodes d'élection. Or ne s'agit-il pas de fascisme de la part de ceux qui ont successivement voté pour Sarkozy et Hollande et n'en sont pas satisfaits, de jeter l'opprobre sur ceux qui aimeraient tenter une troisième voix qui, n'ayant encore jamais accédé au pouvoir en France, ne traînent pas les casseroles de leurs (possibles) prédécesseurs ?

Beaucoup, qui font quand même toujours semblant de croire au pouvoir des urnes, au pouvoir de leur misérable bulletin, devraient en masse déclarer leur enthousiasme pour le parti POUR lequel ils vont voter et inciter le monde à en faire autant. Or, non...

Depuis des années, il ne s'agit plus de voter POUR son parti, mais de voter CONTRE le parti abhorré. C'est de la négation pure et simple... et c'est même contraire à l'esprit de démocratie, de culpabiliser et d'inciter ses congénères à ne pas voter pour qui ils désirent. C'est... un peu facho, non ?

Quelle grande détresse vont-ils ressentir dans... l'ISOLOIR, sans leur tribune FB, sans leur agora virtuelle ! ISOLOIR... le mot ne pouvait pas être mieux trouvé !

Jadis, les mecs avaient le courage d'afficher leurs convictions, justement, en allant coller des affiches et souvent se castagnaient avec le camp adverse pour qu'elles restent en place. Aujourd'hui, ils sont lâchement planqués derrière leur ordi, une bouteille à la main, à pianoter Facebook. minable !
Mais rassurez-vous, les FB, vous êtes au diapason des élites : il est loin le temps de l'élan d'enthousiasme ("VOTEZ POUR NOUS"), et même celui des promesses qu'on sait irréalisables (la République irréprochable... arrêtez, je pouffe !). C'est le temps de la peur ("Ne votez pas pour eux, sinon voulez voir ce que vous allez voir"). Ce qui est tout à fait acceptable de la part d'organes de presse dit "journaux d'opinion" l'est-il de la part de ceux qui, en théorie, se portent garants du respect de la liberté de penser ?

C'est un changement de stratégie qui donne envie d'aller à la pêche plutôt qu'au bureau de vote. Et le pire c'est que je déteste la pêche. C'est dire mon envie d'aller voter !

Publié dans Société et modes

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