Protection canicule : de Chirac à Hollande, on se fout des travailleurs de peine

Publié le par Daniel LESUEUR

Protection canicule : de Chirac à Hollande, on se fout des travailleurs de peine

Patrick Pelloux vient encore de le répéter, les premières victimes des canicules, ce sont... les travailleurs de peine. Mais eux, on n'en parle pas, dans un pays ultra-libéral : rentabilité, rentabilité, toujours plus de rentabilité, qu'importe si les gars en crèvent.

Etat des lieux....

Les premières victimes, selon "Parasol" Touraine, seraient les nourrissons et les personnes âgées. Et là, vlan sur la communication... Or...

1) Les enfants en bas âge :

Normalement les parents sont là pour veiller à leur hydratation, sinon, ce sont des criminels

2) Les personnes âgées

Deux cas de figure :

- les personnes âgées valides, "normales" dirons-nous, malgré les guillemets : elles sont donc des adultes qui, en toute logique, savent qu'il faut boire et s'alimenter pour résister à la chaleur. On n'est pas dans l'Afrique profonde qui n'a ni eau, ni nourriture. En France, il faut être sacrément con pour ne pas savoir se servir d'un robinet !

- les personnes âgées invalides : celles-là sont en hôpital ou en maison de retraite. Le personnel est là pour vérifier à leur hydratation, c'est son boulot, il est payé pour ça, le personnel, il n'y a pas à "admirer son dévouement" (!). Et ceux qui ne font pas leur devoir, leur "boulot", comme dans le cas précédent, ce sont des criminels. En 2003, apparemment, ce personnel ne le savait pas. Aujourd'hui, IL SAIT !

Les travailleurs DE PEINE

Reprenons les propos de Patrick PELLOUX :

« Caricaturer le risque de la canicule, en disant que c’est simplement les personnes âgées qui sont menacées, c’est oublier les enfants […] et tout le monde du travail, […] les travailleurs qui sont dans le bâtiment, sur la voie publique, les travailleurs de force. Je prêche dans le désert ».

Maçons, charpentiers, ouvriers des travaux publics, autant de professions au travail physique exigeant, où l’exposition prolongée au soleil peut être dangereuse (insolation, déshydratation, risques pour la peau, les yeux...) Selon une étude sur le risque solaire dans le BTP coordonnée par l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP), certains professionnels du bâtiment (couvreurs, charpentiers, coffreurs…) sont particulièrement concernés par le risque de cancer de la peau. De nombreux chantiers ont lieu pendant l’été, pour rendre les équipements, routes et bâtiments opérationnels au moment des retours de vacances. Ces travaux sont par ailleurs souvent effectués par des travailleurs précaires (intérimaires) ou saisonniers. Ce sont donc les plus fragiles économiquement qui sont plus exposés au danger.

Publié dans santé, Société et modes

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