Il y a plus de 50 ans... nous découvrions Christophe et Hervé Vilard

Publié le par Daniel LESUEUR

  Christophe et la voix des roses, un livre fort bien écrit, se penche sur l'œuvre du premier des deux (cliquer ICI).  

 

 

Leurs parcours sont assez semblables, au moins au début : pour chacun, l'échec d'un premier disque, le succès dès le deuxième, réédité 14 ans plus tard (pour connaître tous leurs scores dans les hit-parades, cliquer ICI).

Ils ont quasiment le même âge (Christophe est né en 1945, Hervé en 1946).

Christophe Bevilacqua est un "jeune de banlieue", de banlieue parisienne, précisément de Juvisy. Hervé Vilard est un enfant de l’Assistance publique.

Tous deux seront mondialement connus à l’âge de 20 ans grâce à deux chansons…

« Aline », tube en 1965 et en 1979

Christophe monte son groupe, "Dany and the Hooligans", écume les boites de nuit du département de l’Essonne et enregistre même un premier 45 tours qui se vendra à 27 exemplaires : "Elle s'appelait Sophie". Il se rattrape avec son deuxième 45 tours. C'est le succès de l'été 65, tout autant que "Capri c'est fini" d’Hervé Vilard. A tel point qu'il va inciter un chanteur yéyé déjà oublié, Jacky Moulière, à intenter un procès à son interprète : Moulière s'attribue la paternité d'"Aline", dont il prétend qu'elle est calquée sur sa chanson intitulée "La Romance", sortie deux ans auparavant.

Un plagiat évident mais non intentionnel

A l'écoute des deux titres, « Aline » et « La Romance », effectivement, on est frappé par la ressemblance des deux mélodies. Jacques Plante, l'éditeur musical de Christophe (celui de Moulière n'est autre que Henri Salvador), reconnaît les faits et propose un arrangement à l'amiable : le nom de Jacky Moulière apparaîtra désormais sur les prochaines rééditions du disque, et Jacky touchera même un arriéré sur les exemplaires déjà vendus.

Malgré tout, l'affaire s'envenime

« Rigolo », la firme discographique de Salvador, attaque en justice Christophe, suspecté de plagiat. En première instance, en 1967, l'artiste est condamné… mais fait appel et, trois ans plus tard, bénéficie d'un jugement contraire. Henri Salvador admettra qu'il aurait mieux fait de rester couché le jour où il décida de porter l'affaire devant les tribunaux ! Ce nouveau succès d'"Aline", cette fois juridique, persuade Christophe de rééditer, en pleine vague disco, sa chanson fétiche. Et, à l'opposé de toutes les stars qui réenregistrent leurs vieux succès au goût du jour, avec de nouvelles orchestrations, Christophe, lui, se paye le luxe de publier la version originale de sa chanson, qui, immédiatement, grimpe au sommet des hit-parades.

Un retour inattendu

Après "Aline", Christophe avait enregistré tube sur tube ("Les Marionnettes", "Excusez-moi Monsieur le professeur") mais s’était "grillé" dans le monde du show-business, n'étant jamais capable d'arriver à l'heure à un rendez-vous malgré son habitude des excès de vitesse. Il était retourné quasiment à l'anonymat entre 1967 et 1973. Il avait heureusement publié de fort beaux disques avec l’aide de Jean-Michel Jarre, notamment le délicieux album « Les Paradis perdus ».

Capri c'est fini… mais pas Hervé Vilard

Tout comme Christophe, hervé rééditera son tube de 1965 quatorze ans plus tard (1979) et obtiendra presque autant de succès. Mais revenons aux débuts…

Vendeur dans un magasin de disques, Hervé Vilard s'offre, durant toute une année, des cours de chant et passe une audition ; il réussit à obtenir un contrat d'enregistrement. Etant encore mineur, c'est l'Assistance Publique qui signe le contrat à sa place.

Un premier disque est publié

C'est un échec, à tel point que ce super 45 tours, "Une voix qui t'appelle", est aujourd'hui une pièce de collection fort recherchée. Mercury, sa firme discographique, a pourtant décidé de faire de Hervé un nouveau Claude François, et se met en tête de lui faire enregistrer les chansons que Clo-Clo a rejetées pour son propre répertoire. Pas découragé pour autant, Hervé Vilard jure qu’il écrira ses chansons lui-même

Il concocte un tube planétaire en prenant le métro

Impressionné par "Que c'est triste, Venise" et par une autre chanson de Charles Aznavour répétant sans cesse C'est fini, c'est fini, le regard d'Hervé, sur un quai du métropolitain, est attiré par une publicité touristique pour l’île italienne de Capri. Pascal Sevran qualifie "Capri c'est fini" de "poème d'écolier sur une mélodie sommaire". Cela n'empêche pas Hervé de l'enregistrer en sept langues et d'en vendre trois millions d'exemplaires. C'est ensuite la farandole des tubes que nous avons un peu oubliés depuis : "Fais la rire", "Jolie ou pas jolie", "Mourir ou vivre".

Hervé parcourt le monde en chantant, du Japon à l'Amérique du Sud

Christophe et Hervé ayant « explosé » en même temps, ils participent à la même tournée d’été qui sillonne la France, la troisième vedette de la tournée étant Michelle torr à qui Christophe fera un enfant. Ensuite leurs chemins divergent. C’est surtout Hervé qui va continuer à se produire en public un peu partout. Mais il est si souvent en tournée à l'étranger que sa carrière dans son propre pays en prend un sale coup. Il passe alors quelques années au Brésil, en Argentine, au mexique etc. où sa popularité n'a cessé de croître ; il effectuera son come-back en France en 1979 avec la réédition de "Capri c'est fini".

1979... Une année importante pour Hervé

Simultanément, en effet, il retournait au hit-parade avec "Rêveries" puis avec "Nous". Et pendant toutes ces années où il était en Amérique du Sud, il avait eu de jolis succès comme "Les Anges du Matin" 'Tous les enfants ont besoin d'amour", "Amore Caro Amore Bello", "Champagne", "Elle était belle", "Si tu ne m'aimes plus".

Publié dans musique

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