Histoire d'une chanson : Ob-la-di, ob-la-da, the Beatles, 1968

Publié le par Daniel LESUEUR

Histoire d'une chanson :  Ob-la-di, ob-la-da, the Beatles, 1968

« Obladi, Oblada » signifie « la vie continue » en dialecte yoruba. C'est leur ami le nigérian Jimmy Scott qui disait toujours cela aux Beatles (« Je lui ai fait parvenir un chèque en remerciement : même s'il ne m'a pas aidé à écrire la chanson, je lui dois la formule », reconnaîtra Paul McCartney).

En Grande-Bretagne, aucun titre de l'Album Blanc ne fut exploité en 45 tours. Les Beatles eux-mêmes n'étant pas en compétition, tout autre artiste avait ses chances. C'est le groupe Marmalade qui triompha, portant le titre au sommet des hit-parades, laissant loin derrière les versions des Bedrocks et d'Arthur Conley (Jimmy Scott publie presque simultanément « Ob-La-Di Ob-La-Da Story » sans aucune ressemblance). Un titre aux paroles quelques peu désuètes et souvent décriées

Eddy Mitchell déclare : Un Français ferait ça, tout de suite, on dirait : « T'as pas honte de chanter des conneries pareilles ? ». Aux Beatles, on leur dit : « Très entraînant, votre Obladi, Oblada, très cadencé. Formidable ! »

Les Beatles avaient voulu enregistrer un reggae, ce rythme venu de la Jamaïque et qui commençait à marcher très fort en Angleterre depuis l'été 1967. Mais l'enregistrement s'avéra pénible à réaliser : l'atmosphère était tendue, ce qui peut s'expliquer lorsqu'on consacre près de deux semaines sur une même chanson, et il y eut même une déplaisante remarque de Paul à l'encontre de George Martin : à ce dernier qui lui expliquait que telle version ne convenait pas, Paul lui répondit, fort irrité, « Enregistre le toi-même ». Le technicien du son Geoff Emerick, épuisé et déçu par le comportement des artistes, quittera même son job en plein milieu d'une séance ; il se souvient avoir demandé à George de baisser le volume de sa guitare car elle saturait et s'être fait répondre sèchement « On ne parle pas comme ça à un Beatle ».

Publié dans musique

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