Charlie, 7 millions d'exemplaires. Du délire !

Publié le par Daniel LESUEUR

N'est-il pas terriblement naïf de croire à ce point en l'être humain ? De croire que par le monde 7 millions de bipèdes vont acheter Charlie, surtout plusieurs jours après sa sortie ?

Le lectorat normal de Charlie, c'était 30 000. Il ne va pas miraculeusement être multiplié par 250. Même Jésus, avec ses p'tits pains, il pourrait pas, alors Mahomet, n'en parlons pas !

Le mercredi 14 janvier, le quidam était encore sous le choc d'un événement sans précédent. Tenons compte également de ceux qui se foutent totalement du périodique mais, comme ils l'ont fait lors de la mort de Kennedy et de De Gaulle, de lady Di et du Pape, achètent le canard, témoignage d'un moment de l'Histoire. On a tous une mémée qui garde précieusement un vieux numéro de Paris Match parce que... "ça prendra de la valeur".

Ce mercredi 14 janvier, tout le monde n'a pas eu son Charlie. Certains en ont par contre acheté plusieurs, pour les revendre immédiatement en enchères sur internet. Laurent Joffrin a qualifié cela de "minable". Je serai un peu plus précis : c'est ignoble et dégueulasse... mais c'est tout-à-fait dans la nature humaine de nos pays et de notre époque.

Pour contrer le marché noir, d'autres font circuler le numéro gratuitement sur la toile en format PDF.

Et puis dans une semaine, ce sera du réchauffé : il va bien y avoir d'autres raisons qui vont, sûrement et rapidement, détourner l'attention. D'autres attentats ? Ou sinon, le chômage ? La grève des routiers ? Un incendie sous la Manche ? Ne nous leurrons pas, dans dix jours, plus personne ne parlera plus de CHARLIE, du moins dans nos contrées.

Déconnez pas, les mecs de Charlie : sept millions, il va vous en rester la moitié sur les bras, sinon plus... Toute la chaîne d'impression et de distribution a accepté de travailler gratuitement pour le 1er million d'exemplaires... mais après ? Le retour des invendus coûte cher.

Effet de mode ou authentique mouvement de solidarité ? Affaire à suivre !

J'aimerais, pour une fois, pouvoir me tromper... mais je ne fais plus guère confiance à l'espèce humaine.

Publié dans Société et modes

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