ROBERT JOHNSON vendit son âme au Diable

Publié le par Daniel LESUEUR

ROBERT JOHNSON vendit son âme au Diable

Robert Johnson, reconnu comme l’un des meilleurs guitaristes de tous les temps, a disparu en 1938 dans de bien curieuses circonstances.

Les autorités choisirent de faire croire qu’il était mort de pneumonie ou de la syphilis, ce qui leur ôtait une charge de travail d’enquête et d’investigation.

Né dans le delta du Mississippi entre 1909 et 1912, il ne connaîtra jamais son père, sa mère l’ayant quitté lorsque Robert était encore bébé.

Partant sur la route comme ils étaient si nombreux à le faire à l’époque, la jeune maman, Robert et sa sœur Betty trouvent refuge à Memphis chez un certain Charles Spencer que le gamin prendra longtemps pour son père… erreur bien excusable dans la mesure où sa mère abandonnera ses deux enfants chez lui.

C’est sous le nom de Robert Spencer que le gamin se rend à l’école… un nom qu’il conservera jusqu’au milieu des années 20 bien qu’on lui ait révélé l’existence de son père naturel. Le jeune Noir s’essaie d’abord à la guimbarde (un instrument pas foncièrement glamour), passe ensuite à l’harmonica et jette enfin son dévolu sur la guitare qui l’oblige, afin de ne pas se limiter à ce seul instrument, à fabriquer de ses propres mains un porte-harmonica.

En 1929 il épouse une jeunette qui meurt en couches l’année suivante à l’âge de 16 ans. Mais comme il est beau gosse et très dragueur, il ne restera pas longtemps seul : après une jeune, une vieille. Pour son deuxième mariage, il choisit une femme de dix ans son aînée. Elle est si amoureuse et si dévouée que Robert n’a rien d’autre à faire que de jouer de la guitare.

Ses progrès sont très rapides et, en cette époque où les légendes vaudou ont cours, il raconte à qui veut bien le croire qu’il a signé un pacte avec le Diable qu’il avait rencontré une nuit à un carrefour (crossroads, d’où le titre de son plus fameux titre repris ensuite par Eric Clapton. « Love in vain », des Rolling Stones, c’est de lui également).

Il explique à qui veut l’entendre qu’il a échangé son âme contre l’art de la guitare.

Et c’est bien le Diable qui l’emportera en août 1938 après trois jours d’agonie. Au sortir d’un concert bien arrosé, les toxines sonnèrent le tocsin, Johnson fit un malaise et l’on dut le porter chez une de ses maîtresses, Estella Coleman, à Helena dans l’Arkansas. Il avait sifflé, à même le flacon, une bouteille de whisky empoisonnée à la strychnine offerte par le tenancier d'un bar, jaloux de le voir tourner autour de sa femme. Son ami Sonny Boy Williamson lui avait pourtant conseillé de ne jamais boire au goulot d’une bouteille préalablement ouverte par quelqu’un d’autre.

Il avait enregistré son premier 78-tours en novembre 1936.

Dans ces conditions, on imagine aisément pourquoi il existe si peu de disques de lui. Un bien piètre héritage : 29 titres enregistrés et un trentième, inachevé (« Mister Downchild ») et seulement deux photos.

Mais son histoire ne s’achevait pas avec son décès : quatre ans plus tard, un cyclone dévastait les lieux où il avait agonisé. Et enfin –jusqu’à encore aujourd’hui- nul ne sait vraiment où il est enterré : deux tombes existent, l’une à Quito, l’autre à Morgan City, éloignées seulement de quelques kilomètres chacune du lieu où il trouva la mort… Un bruit circule, que nous n’avons pu encore vérifier, qu’il y aurait ailleurs une troisième tombe !

Publié dans musique

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