Yves Duteil, ambassadeur discret de la chanson française

Publié le par Daniel LESUEUR

Après les décès de Brel (1978) et Brassens (1981), c'est certainement lui qui représente le mieux la chanson et… la langue de chez nous.

Il est né aux Batignolles en 1949. Il est le petit-neveu du Capitaine Dreyfus, à qui, en 1997, il a consacré une chanson sur l'album « Touché ».

Ses parents sont bijoutiers, mais le fiston, qui suit d'abord des études de sciences économiques, a la… guitare qui le démange !

Dès l'âge de seize ans, il chante et compose sur son instrument de prédilection. Il attendra encore huit ans avoir de pouvoir publier son premier vinyl, un 45 tours.

Un virage important... D'autant que « Virages » est le titre de ce disque sorti en 1972. Mais le succès, le vrai, surgira en 1977 avec « Tarentelle ». Entre-temps, à l'instar de beaucoup d'autres (Françoise Hardy, Alice Dona, Pascal Sevran, etc...), il aura commencé à apprendre le métier au Petit Conservatoire de la chanson de Mireille.

Au festival de Spa, en 1974, on n'avait d'yeux et d'oreilles que pour lui. Mais nul ne s'attend à la surprise qu'il nous prépare : sans crier gare, profitant d'une place à prendre (Yves Simon et Maxime Le Forestier perdent des points) ses ventes de disques deviennent proprement colossales.

En 1977, il publie son deuxième 33 tours sur lequel figurent « J'attends » et « Les Jardins des baladins ».

Parvenu au bout de dix années d'une collaboration fructueuse et fertile avec Jean Musy, Yves ressent le besoin de prendre de la distance, se ressourcer et renouveler son style.

Après une brève retraite, il prend la décision de s'associer à Christian Gaubert pour présenter un "nouveau Duteil"

Désormais, la guitare acoustique ne sera plus l'épicentre de son orchestre. A tel point qu'à quelques jours d'une série de concerts à l'Olympia fin 1987, il bouleverse entièrement l'agencement de son spectacle, en fait refaire l'affiche, réenregistre et modifie le mixage de son nouvel album.

1978, grande année… Année Duteil

Parmi les meilleures ventes de l'année 1978 en 33 tours de chanson française, en effet, on trouve celui de Yves Duteil comprenant « La Tarentelle » et « Le Petit Pont de bois ».

Côté palmarès…

« Prendre un enfant par la main », dans sa propre version et dans celle de l'Américaine Joan Baez, fut élue, dix ans après sa sortie, Chanson du siècle par de nombreux médias, dont Canal +, et, bien sûr, par l’ensemble du public. L’évènement était de taille, puisque la jolie bluette d’Yves Duteil ravissait la place tenue depuis si longtemps dans le cœur des Français par « Ne me quitte pas » de Brel.

Autre titre marquants : « J’ai la guitare qui me démange » en 1979 et « La Langue de chez nous » pour laquelle il a reçu l'oscar de la Meilleure Chanson française et la médaille d'argent de l’Académie française en 1986.

En 2008 Yves fit le point sur sa carrière et proposa un coffret de 6 CD intitulé « Dans l’air des mots : Anthologie 101 Chansons » qui, comme son titre l’indique, regroupe 101 de ses chansons.

Homme de travail, marié et père de famille, il partage harmonieusement sa vie entre la chanson, l’écriture de livres (« Prendre un enfant » en 1986, « Livre blanc pour y voir plus vert dans les forêts » en 1999, « Les Choses qu'on ne dit pas » en 2006) et la gestion de la petite commune de Seine-et-Marne dont il est le maire.

Yves Duteil, ambassadeur discret de la chanson française

Publié dans musique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article