Greta Garbo (1)

Publié le par Daniel LESUEUR

Greta Lovisa Gustafsson est née en 1905 à Stockholm et mourut à New York en 1990, seule mais pas solitaire car elle avait continué à voyager pour retrouver les rares amis qui lui restaient (beaucoup l'avaient déçue, voire trahie, en vendant des pans de sa vie privée aux médias) . Elle avait, depuis des décennies, fait ses adieux au cinéma et au show-business et jamais ne revint sur sa décision.

Des débuts dans la publicité

Elle pose pour des publicités et, de fil en aiguille, devient modeste actrice de films publicitaires dès 1920. C'est alors qu’elle se voit proposer en 1921 un petit rôle dans le film Peter le vagabond dans lequel elle évolue en maillot de bain. C’est coquin pour l’époque, sauf en Scandinavie où les mœurs sont en avance sur le reste du monde. En 1922, elle entre à l'Académie royale d'art dramatique de Stockholm, y reste trois ans. A sa sortie, elle décroche son premier rôle majeur dans La Saga de Gösta Berling (1924).

C'est à cette occasion qu'elle prend le pseudonyme de Garbo.

Le film connaît l’échec, mais Pabst l’avait remarquée. Greta Loyisa Gustafsson a pris le pseudonyme de Garbo avant de quitter l’Europe ; ce nom vient directement de celui d’un roi hongrois du 15ème siècle, Bethlen Gabor.

Star dès sa majorité

Alors qu’elle n'est même pas mentionnée au générique, elle déclenche l’enthousiasme lorsqu’elle apparaît dans "La Rue sans joie".

Sous la direction de Pabst il est certain qu’elle aurait connu la notoriété. Mais ses admirateurs surréalistes parisiens ont accéléré son accession à la renommée :

- En 1926, La Rue sans joie est présenté au Studio des Ursulines à Paris, devant le Tout-Montparnasse des lettres et des arts. André Breton et Fernand Léger sont là parmi une foule qui oublie complètement Entr’acte de René Clair. (…)

Le film fut harcelé par la censure à plusieurs reprises, tant en Allemagne qu’en Angleterre et aux Etats-Unis. Les versions présentées en Autriche, en Italie et en France furent mutilées (Jean-Luc Douin, Dictionnaire de la censure au cinéma, Puf, 1998).

Le relooking de Greta Garbo

Son arrivée à Hollywood fut loin d'être acclamée. Le patron de la MGM lui ordonne de se mettre au régime, le studio s'occupe de corriger sa coiffure et sa dentition. Car si elle a changé de nom, elle n’en a pas pour autant changé d’apparence.

Heureusement, certains croient en elle et vont faire de cette jeune femme gauche celle qu’on va rapidement surnommer la Divine. Un surnom amplement mérité, malgré le nombre en apparence restreint de ses apparitions sur pellicule (une trentaine, si l'on comptabilise ses films publicitaires.

Etait-elle vraiment divine ?

Le réalisateur suédois Mauritz Stiller lui avait décroché en contrat en or à Hollywood ; elle serait l’actrice la mieux payée d’Amérique… à condition qu’elle accepte un sérieux relooking : - « à son arrivée, elle n'avait rien d'une femme fatale — Louis B. Mayer la surnommait alors « la grosse vache nordique » — mais un photographe décèle son important potentiel. Elle suit un régime amaigrissant et elle est relookée, cheveux coupés, lissés, front dégagé, yeux alourdis, sourcils réduits, regard mis en valeur ». Un véritable réquisitoire ! Son compatriote Ingmar Bergman, qui la rencontra tardivement, est impitoyable :

- "Sa bouche est laide, une fente rose pâle ceinte de rides verticales. C’est étrange et révoltant. Tant de beauté et, au milieu de toute cette beauté, un accord dissonant. Cette bouche et ce qu’elle dévoilait, aucun chirurgien, aucun maquilleur ne pouvait le faire disparaître comme par enchantement. (…) Je l’ai étudiée dans son dernier film où elle a 36 ans. Un visage beau mais tendu, une bouche sans douceur. La plupart du temps, le regard manque de concentration et il est triste malgré les situations de la comédie. Peut-être que son public a deviné quelque chose que lui avait déjà appris son miroir" (Laterna magica, Gallimard)

Les avis sont partagés

Son Pygmalion suédois, Mauritz Stiller, ne partageait pas, c’est le moins qu’on puisse dire, l’avis de Bergman : « ça n’arrive qu’une fois par siècle, un visage pareil ! ». Mais les années avaient passé entre la rencontre avec Stiller et celle avec Bergman. Et le réalisateur aurait pu avoir l’élégance d’attendre le décès de l’actrice pour publier d’aussi dures réflexions. Quoiqu’il en soit, il posait une question à laquelle personne n’a vraiment répondu : Greta décida-t-elle de mettre un point final à sa carrière parce que le public et la critique avaient plus ou moins boudé son dernier film, ou bien parce qu’elle-même se voyait laide sur l’écran ? à suivre sur http://blog-des-auteurs-libres.over-blog.com/2014/08/greta-garbo-2-les-projets-avortes.html

Greta Garbo (1)

Publié dans CINEMA, PEOPLE

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