Il y a cinquante ans... Un scandale en Grande-Bretagne

Publié le par Daniel LESUEUR

Dans ROY WOOD SAGA : Brumbeat forever, un livre à paraître fin septembre chez Camion Blanc (référence CB 383), l'auteur Vincent LASSERRE nous conte une anecdote désopilante concernant THE MOVE :

Il y a très exactement cinquante ans, au mois d’août 1967, apparut dans Londres un flyer promotionnel au format carte postale annonçant la parution d'un disque des Move : « Flowers in the rain ».Un outil publicitaire qui va s’avérer une bombe à retardement, le groupe étant tenu à l’écart de cette manigance.

Le flyer représente une caricature de Harold Wilson, le Premier ministre, une vraie réussite esthétique due au dessinateur Gerald Scarfe qui semble avoir trouvé son inspiration auprès du marquis Frantz von Bayros, un peintre autrichien du XIXe siècle célèbre pour ses gravures érotiques. Finement exécutée, la scène représente Wilson nu et réduit à la taille d’un gnome. Il est assis sur les draps froissés du lit d’une superbe jeune personne en déshabillé translucide. Un loup noir cache une partie du visage de cette dernière… Peine perdue puisqu’elle tient un éventail sur lequel une inscription révèle son identité : Miss Williams, secrétaire très particulière de Harold. Le dessin n’a rien de gratuit, ni d’anodin, il ne fait que concrétiser les bruits d’alcôve qui courent sur les deux protagonistes de la caricature, Marcia Williams et le Premier ministre… Trois même, puisque Mary, la femme de Wilson, guette le couple, cachée derrière un rideau. Certains éléments du dessin semblent former un jeu de piste pour initiés tel le grand miroir (sans tain ?) qui occupe le mur du fond de la pièce, ou un billet d’avion (TWA single 1° class America) reposant à côté d’une machine à écrire. Le dessin central est encadré par deux allégories casquées de la Grande-Bretagne, tandis qu’au-dessus s’inscrivent les mots « dégoûtant, dépravé, méprisable ». Le nom d’Harold s’étale sur une banderole, dans le bas fleuri de la carte, coincé entre les expressions « though » (quoi que !) et « maybe » (peut-être).

Publié dans musique, PEOPLE, Société

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