"Roger la Honte" : la honte d'un auteur !

Publié le par Daniel LESUEUR

 Victor Anatole Jules Mary (1851 - 1922) qui jouit pourtant d'une bonne réputation s'est conduit, au moins une fois, en véritable imposteur. Son plus grand succès en librairie, qui d'ailleurs a été plusieurs fois monté au cinéma ("Roger la Honte" et "La revanche de Roger la Honte") n'est qu'un plagiat constitué d'un habile montage d'idées puisées chez Victor Hugo et Alexandre Dumas. Encore s'il l'avait fait dans des œuvres mineures peu connues, la supercherie aurait pu passer. Mais là, le bougre, n'y est pas allé avec le dos de la cuiller puisqu'il allégrement vampirisé "les Misérables" et "Le comte de Monte Cristo". Pas étonnant que Jules Mary  fut surnommé « l'Alexandre Dumas moderne » et « le roi des feuilletonnistes » : il n'avait pas attendu que ses illustres prédécesseurs, inspirés, eux, tombent dans le domaine public : "Roger la Honte" sortit en 1886, vingt-quatre ans après "Les Misérables", quarante-deux ans après  "Le comte de Monte Cristo". 

Reste que, grâce aux petites idées du bonhomme (j'ai failli écrire "idées originales" ! Son Javert à lui est... gentil, et son Edmond Dantès se montre moins cruel... mais il a moins de traîtres à châtier !), l'adaptation cinématographique en deux parties de 1946 constitue un agréable délassement... si l'on n'a pas trop à l'esprit la version des "Misérables" de 1934 avec Harry Baur, et celle de 1943 du "Comte de Monte Cristo" avec Pierre-Richard Wilm.

Publié dans CINEMA

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