Sans complexe, la dictature des bien-pensants est (malheureusement) en marche...

Publié le par Daniel LESUEUR

  1° Les bien-pensants sont des fachos : ils reconnaissent la liberté des urnes sous réserve que le choix leur convienne ; ainsi, il faudrait dire au peuple pour qui il est politiquement correct de voter ? Comme écrit Huffington Post, la chasse aux sorcières contre les abstentionnistes est ouverte :

- "Depuis dimanche, une extraordinaire machine à culpabiliser, stigmatiser, amalgamer s'est mise En Marche. Hésiter à voter Macron, c'est être frontiste, c'est être fasciste. Allez, c'est être Nazi tant qu'on y est".

Les femmes abstentionnistes seront-elles tondues le 8 mai ?

"Rien n'est trop exagéré pour satisfaire sa bienpensance républicaine" continue Huffington Post : "Dire que s'abstenir c'est faire le jeu du FN, c'est aussi grandement préjuger de ce que feraient les millions d'abstentionnistes si on les obligeait à voter. Il est fort à parier qu'un certain nombre d'entre-eux pourrait être tenté par le vote FN. D'autant plus sûrement que, comme le vote FN, la démarche de l'abstention est celle d'une contestation, d'une protestation. L'abstention structurelle ne fait pas le jeu du FN, elle est au contraire un immense bassin de rétention contre le FN. C'est pourquoi il faut opposer à la stratégie du "vote utile" une stratégie de "l'abstention utile".

Bref, ce ne sont en aucun cas des "pudeurs de gazelle", terme employé par Macron il y a 48h, mais bien un rejet massif des deux prétendants au trône.

 

Les bien-pensants méprisent le peuple, confondant les Français de 2017 avec les Allemands de 1933, peuple détesté pendant un siècle (1870 - 1970), adulé et envié depuis qu'il est un modèle économique. Comme quoi l'argent modifie le jugement que l'on porte sur l'autre.

 

Les bien-pensants - et là ils n'ont pas totalement tort - prennent la masse des téléspectateurs de TF1 et A2 pour des crétins. Un débat pour faire leur changer d'avis... Croit-on qu'au terme de quatre mois de campagne, c'est en 2h et vingt minutes, 3 jours avant le scrutin, que ceux qui voulaient voter Le Pen vont décider de voter Macron, et ceux qui voulaient voter Macron vont décider de voter Le Pen ? Les téléspectateurs de TF1 et A2 voulaient du reality show, rien d'autre. Quant aux abstentionnistes convaincus et conscients, ils n'auront pas assisté à cette pantalonnade.

Les bien-pensants se réfèrent désormais sans cesse à De Gaulle oubliant qu'au bout de dix ans la France en avait marre de la rigueur de celui qui est aujourd'hui considéré comme un Saint Homme. Un vieux militaire qui, en douce, s'était rendu en Allemagne dans l'éventualité de faire appel à ses armées pour mater la chienlit. Le peuple, lui, était jeune et épris de liberté ; il a su se débarrasser du général tout à fait démocratiquement entre mai 68 et les élections d'avril 1969 (il a fallu attendre la mort de De Gaulle pour que le service militaire passe de 16 mois à un an, et il a fallu des manif' estudiantines en 1971 pour que soient rétablis les sursis).

 

Le peuple, c'est la rue, quand il le faut.

Il y a cinq ans, on aurait (presque) pu avoir DSK contre Fillon, le soudard contre le cupide ; c'eût été tout aussi démotivant qu'aujourd'hui... pour ne pas dire répugnant.

Les abstentionnistes d'aujourd'hui ("Ni Macron, ni Le Pen") n'auront pas besoin de 10 ans pour se débarrasser, non plus de De Gaulle, mais du prochain ou de la prochaine si ça ne marche pas droit...

Et vous, les bien-pensants, replongez-vous, peut-être pas dans la lecture de Voltaire car on lui prête à tort une belle formule (« je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire ») 

- la tolérance, c'est bien que qui fait totalement défaut aux bien-pensants, tellement persuadés d'avoir toujours raison -

... mais dans celle de Rousseau :

"faute de pouvoir faire le bien, de ne pas participer au mal".

Mais c'est tout Rousseau qu'il faut relire (cliquer ICI). Et également “Rousseau et la tentation de l’abstention”, cliquer ICI).

... Rousseau qui, au cœur Du contrat social, écrit :

-Rien n'est plus dangereux que l'influence des intérêts privés dans les affaires publiques, et l'abus des lois par le gouvernement est un mal moindre que la corruption du législateur, suite infaillible des vues particulières

 

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