Autographes et dédicaces : une collection maudite… en France uniquement

Publié le par Daniel LESUEUR

signature authentique de Serge GAINSBOURG

Chez Sotheby’s ou chez Christie’s, notamment, mais dans de très nombreuses et prestigieuses galeries du monde entier, les ventes vont bon train. Mais plus rarement dans l’Hexagone où le phénomène n’a pas encore véritablement pris l’ampleur qu’il mérite. Pourquoi cette apparente frilosité ? Et, justement, n’est-ce pas le bon moment pour se mettre à rechercher, collecter pour les revendre, voire les collectionner ardemment, ces signatures que l’on parvient encore à trouver en France à des prix abordables ?

Il ne faut pas hésiter à se déplacer !

Il faut savoir tenir compte de l’aura d’un artiste, dans son propre pays puis à l’étranger. En 2002, un « chineur » fit l’acquisition, dans une petite boutique londonienne, d’une affiche du film « Le Mépris » dédicacée par Brigitte Bardot au prix ridiculement bas de 75 £, une somme que tout touriste-collectionneur doit avoir en poche en permanence pour ne pas prendre le risque de « louper » une bonne affaire. A Paris, il parvint sans difficulté à la revendre près de dix fois le prix initial.

Pourquoi les autographes intéressent-ils peu les collectionneurs français ?

Parce qu’ils s’en méfient ! De toutes les collections, celle-ci est la plus difficile à authentifier. Et, en conséquence, une pièce quasiment impossible à authentifier est… quasiment impossible à estimer, à évaluer. Les collectionneurs anglo-saxons, eux, sont prêts à prendre le risque. Le risque de payer une fortune un… FAUX !

Quelques exemples précis…

Une photo signée de la main de Winston Churchill vous coûtera 5 000 £… Une autre de Hitler sera plus proche de 7 000 £ (il est mort plus jeune que Churchill, il a moins signé !)

L’évolution du marché

Il est intéressant, sur un espace de dix à vingt ans, de calculer l’évolution de la cote des célébrités. En 1997 une photo dédicacée par Al Pacino se négociait aux alentours de 50 £. En 2008 la même photo valait 200 £. La cote de Pacino avait donc été multipliée par 4 en onze ans. En revanche un autographe du groupe américain des Beach Boys, durant exactement la même période, avait beaucoup moins progressé : de 775 £ à 1 750 £, elle avait seulement doublé : normal, le groupe était moins connu en fin de siècle que dans les années 60.

  Champions toutes catégories, les Beatles

Bien que collectionnés depuis près d’un demi-siècle, les amateurs restent insatiables : malgré une cote très élevée, elle continue de grimper. Etudions les mêmes périodes : un disque dédicacé par les quatre Beatles se vendait 5 000 £ en 1997 et 25 000 £ en 2008. Or c’est dans ce cas précis que la plus grande prudence est conseillée : même à 25 000 £, qu’est-ce qui prouve l’authenticité d’une dédicace des Beatles ? RIEN !

Méfiance en ce qui concerne les stars du 20ème siècle

Avez-vous, dans les années 60, assisté à un concert des Beatles ou de Johnny Hallyday, par exemple à l’Olympia ? En fin de soirée, le ou la secrétaire de l’artiste distribue des dizaines voire des centaines de photos dédicacées qu’il a signées lui-même en imitant la signature du ou des artistes. Vous imaginez aisément que des gens comme les Beatles ou Johnny auraient dû consacrer chaque jour plusieurs heures à signer des photos tant le nombre de leurs admirateurs est élevé.

La dédicace reste un des seuls moyens qui permettent d’authentifier un document

La dédicace doit être à la fois personnalisée, datée et localisée. Une dédicace se présente généralement sous la forme suivante : « à… (suit le nom du récipiendaire)… puis une ligne ou deux personnalisées… et enfin le lieu et la date ». Avant de faire l’acquisition d’une telle pièce (surtout si elle est vendue cher), prendre soin de vérifier si le personnage célèbre…

1° était encore vivant à la date indiquée

2° si, matériellement, il pouvait se trouver dans la ville indiquée au jour indiqué.

Elémentaire, mais imparable

Johnny Hallyday, par exemple, était en tournée en Amérique du Sud en mai 1968. Donc un autographe de Johnny à Paris en mai 1968 serait obligatoirement un FAUX. En revanche, citons une jolie pièce proposée en enchères à Londres pour une somme minimum de 4 950 £ (elle monta presque jusqu’au double !) : un lot de trois cartes postales de 1963 représentant les Beatles. Au verso de chaque carte, à l’encre bleue, trois des quatre Beatles (Paul McCartney, John Lennon et George Harrison) avait écrit « To Brenda with love ». Quel dommage que le quatrième, Ringo Starr, n’ait pas participé à cette séance de dédicace !

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