Robert Nyel, auteur méconnu de petits chefs-d'oeuvre comme "MAGALI" (2ème partie)

Publié le par Michel GOSSELIN et Ivan PEREY

   MG : A propos de Juliette Gréco, on ne peut pas faire l'impasse sur le fameux « Déshabillez-moi » en 1967 ?

IP : Ah oui et on a envie de dire que c'est son seul « tube » au sens commercial, c'est d'ailleurs une chanson qui passait beaucoup en radio, dans les boîtes de nuit et qu'on passe toujours. Cette chanson a une histoire particulière car Robert Nyel avait écrit ce titre pour une strip-teaseuse, il s'était amouraché d'une strip-teaseuse dans une boîte de nuit de l'époque, ça se passe au début des années 60 et donc pour son numéro, cette jeune femme demande des paroles à Robert Nyel. Ce dernier, selon son habitude, appelle Gaby Verlor en lui demandant de composer une musique sur ses paroles et quand Gaby Verlor le rappelle en lui disant : « ça y est, j'ai la chanson », il lui rétorque que cela ne sert plus à rien, maintenant il a rompu son histoire d'amour avec cette strip-teaseuse, Et la chanson est restée dans les tiroirs jusqu'au jour où Gaby Verlor est allée proposer des chansons à Juliette Gréco, car Gréco est une interprète qui fait appel à des auteurs-compositeurs, comme vous le savez. Elle appelait de temps en temps Gaby Verlor et un jour elle lui demande : « Qu'est-ce que tu as comme chansons ? », cette dernière lui propose alors une série de titres qui ne retiennent pas l'attention de Gréco, et en fin de liste figure « Déshabillez-moi », elle commence à lui chanter et Gréco dit : « Je Prends ! ». Elle a juste changé la toute fin, quels ont les derniers mots ? « Et vous déshabillez-vous ! », c'est une trouvaille de l'interprète.

MG : Fin qu'il ne faut surtout pas rater !

IP : Ah non bien sûr et c'est normal car Gréco n'est pas du genre à être complètement soumise. C'est une chanson merveilleuse sur la « technique » amoureuse. Mais cette chanson-là, sons être complètement censurée, passait à la télé avec le « carré blanc » comme on peut le voir maintenant dans les documents de l'INA, en 1972 un concert de Juliette Gréco est diffus é par l'ORTF et quand arrive « Déshabillez-moi », apparaît alors le petit rectangle blanc sur l'écran, comme on a connu, c'était une autre époque…

MG : On va terminer avec brio et éclat en écoutant une chanson de et par Robert Nyel en personne mais avant, un petit mot sur le bouquin que tu as sorti il y a quelques temps à propos de « 120 chansons » ?

IP : Oui « 120 chansons que l'on fredonne », justement c'est l'histoire de ces chansons-là, grâce aux différentes rencontres que j'ai eues avec ces auteurs qui m'ont raconté des petites anecdotes et puis bon, j'ai élargi un peu pour faire un livre. Cela part du « Fiacre » d'Yvette Guilbert – je n'ai pas rencontré Yvette Guilbert ni Xanroff, qui avait écrit « Le Fiacre » - mais ça va jusqu'à Bashung en 2008. Tout-à-fait entre nous c'est un ouvrage qui est sorti en format « beau livre », mais je crois qu'il est épuisé chez l'éditeur. Il m'en reste quelques exemplaires que j'apporte quand je fais une petite conférence ou pour des amis, mais je crois qu'on le trouve sur des sites internet en occasion comme Price Minister ou Gibert Joseph.

MG : Ivan, merci beaucoup

IP : Eh bien merci, c'était un plaisir de réentendre toutes ces chansons-là, c'est vraiment un auteur qui a écrit de petits chefs-d'oeuvre et puisqu'on est dans « Face A Face B », précisons que « Déshabillez-moi » était d'abord sorti sur la face B en 45 tours.

MG : Oui cela a été quelquefois le cas pour d'autres chansons sorties d'abord en face B, puis se sont retrouvées en face A sur les éditions suivantes.

IP : Là cela veut dire que la maison de disques n'y croyait pas et ne pensait au tube extraordinaire que ça ferait. Les radios avaient d'abord hésité à le diffuser car c'était quand même une chanson osée pour l'époque.

MG : Ça pourrait être un thème intéressant pour une autre rencontre : écouter des chansons devenues célèbres auxquelles les producteurs n'ont d'abord pas cru.

IP : Là il y aura de quoi faire, avec plaisir Michel.

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