Découvrez Fredi WASHINGTON dans "THE EMPEROR JONES"

Publié le par Daniel LESUEUR

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FREDI WASHINGTON

Le terme mulâtre (au féminin mulâtresse), qui n’est plus guère employé, désigne les gens qui ont une ascendance à la fois européenne et africaine. L’actrice américaine Fredericka Carolyn Washington (1903-1994) l’était car ses parents, ex-esclaves afro-américains rendus libres par la Guerre de Sécession avaient des ancêtres européens dont Fredi hérite la couleur des yeux, verts.

Fredi, qui a quatre frères et sœurs, voit le jour en Géorgie. Sa mère meurt lorsqu’elle est en bas âge ; son père, qui se remarie deux fois, a encore quatre enfants. La famille s’installe alors à Harlem, le quartier noir de New York, dans le but de trouver du travail. Fredi est engagée dans la revue Shuffle Along qui avait déjà révélé Paul Robeson et Josephine Baker avec qui elle va lier une amitié durable. Se produisant d’abord sous le nom d'Edith Warren, elle jouera dans de nombreuses autres : Singin' the Blues (1931), Run, Little Chillen (1933), Mamba's Daughters (1940), etc. Elle s’illustre également au cinéma : Black and Tan en 1929 dans lequel elle incarne une danseuse à l’article de la mort, The Emperor Jones, 1933, l’histoire d’un Noir accusé de meurtre qui s’enfuit dans une île et y devient empereur, et Imitation Of Life (1934, avec Claudette Colbert) dans lequel elle incarne une mulâtresse qui, pour s’en sortir dans une société ségrégationniste, profite de la clarté de sa peau pour passer pour blanche… ce qui est tout à fait le contraire de sa façon de vivre et de travailler : très déterminée, elle a refusé de nombreux rôles qui auraient gommé ses origines.

Sa beauté et la clarté de sa peau firent que jamais on ne lui proposa ces rôles-archétypes de la femme noire : la servante du Blanc ; dans One Mile From Heaven (1937), par exemple, elle incarne une mulâtre qui revendique la matenité d’un enfant blanc. En revanche, lorsqu’elle tournait dans des race movies (films spécialement destinés au public de couleur) on lui demandait d’assombrir son teint. Mais inversement, comme elle n’avait jamais caché ses origines, elle se voyait condamnée par le Code Hays, qui proscrit la suggestion de rapports sexuels entre personnes de race blanche et de race noire, à ne jamais avoir le rôle principal féminin dans un film « tous publics ». A Hollywood, elle commençait à être grillée. Elle abandonna le cinéma et tenta l’aventure : monter sur les planches à New York où, hélas, on la cantonna aux rôles de tragic mulatto (Caractère de fiction apparu dans la littérature américaine des 19è et 20è siècle, le métis ou la métisse invariablement triste voire suicidaire, qui ne parvient pas à s’adapter car se sentant victime d’une société que divisent les races). Dépitée, elle décide d’écrire et monter ses propres pièces… et s’engage dans la lutte pour les droits civiques.

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