Que des femmes au générique !

Publié le par Daniel LESUEUR

... à ceux qui ont trouvé "originale" l'idée de François Ozon pour son film Huit Femmes sorti en 2002, signalons deux films qui avaient pensé, bien avant, à une distribution strictement féminine :

Femmes (The Women) film de George Cukor sorti en 1939. Mary Haines est l’épouse exemplaire d’un homme d’affaires Stephen Haines et mère d’une petite fille. Elle est entourée d’amies plutôt cancanières, spécialement Sylvia Fowler qui sait quelque chose que Mary ignore. Stephen a une liaison avec Crystal Allen, une vendeuse arriviste. Grâce « aux bons soins » de Sylvia, Mary découvre la vérité. Après une forte confrontation avec Crystal, et poussée par Sylvia, Mary part à Reno pour y obtenir rapidement le divorce. Peu après, Stephen épouse Crystal et Mary comprend, mais trop tard, que par fierté elle a divorcé trop rapidement. Découvrant peu de temps après que Crystal trompe déjà Stephen, elle décide de partir reconquérir son mari, « armée » de griffes acérées passées au vernis à ongles « Rouge Jungle ». 25 actrices, dont Joan Crawford et Paulette Goddard.

Elles étaient douze femmes de Georges Lacombe : sorti à Paris le 17 avril 1940. Réalisé par Yves Mirande, on sait d'avance que ce sera davantage du théâtre filmé que du cinéma à grand spectacle. Qu'importe, on ne s'ennuie pas, et c'est ce qu'il faut en temps de guerre. Et puis c'est une prouesse, un film sans une seule intervention masculine (sinon l'ombre d'un soldat qui se profile sur le générique de fin). Douze femmes... Quatre de plus que chez Ozon ! La première scène est totalement surréaliste : à Paris, durant une alerte au début de la guerre, dix dames des plus huppées, lors d'une descente à l'abri, papotent sous leurs masques à gaz ! Remontant prendre un petit... remontant (!), elles imaginent de fonder une œuvre pour les soldats sans famille. Dépourvues d'argent ou trop pingres pour en donner, elles décident d'entrer en relation avec la riche Mme Marion (Gaby Morlay), qui, à ce qu'elles croient à tort, est une femme de mauvaise vie ; au contraire, elle se montrera généreuse et grande dame. Cancans, potins, mesquineries, brouilles vont se succéder. Cette comédie spirituelle, un peu statique par moments, est fort bien interprétée par Françoise Rosay, en vieille duchesse grincheuse, l'espiègle Micheline Presle, Simone Berriau, Nina Myral, Blanchette Brunoy, Nita Parely, Simone Renant, Betty Stockfeld, et une débutante, Pamela Stirling. Bien entendu, Gaby Morlay vient en tête de la distribution, écrit Pour vous – L'Intran n°597, prouvant ainsi, comme nous l'écrivions dès le début du présent ouvrage, qu'elle fut l'actrice prédominante durant toute la première moitié du 20e siècle. Pour en savoir plus, feuilleter le livre en cliquant ICI.

 

Publié dans CINEMA

Commenter cet article