La longue agonie de Bob Marley

Publié le par Daniel LESUEUR

La longue agonie de Bob Marley

Le livre "Rock Déglingue" (cliquer ICI) raconte les destins malheureux de nombreuses rock stars, dont Bob MARLEY.

Ses musiciens étaient persuadés qu'il prenait régulièrement son traitement. Et même, qu'il l'ait pris ou non, est-ce que ça aurait changé grand-chose ?

Autour de Bob, on le croyait guéri, son cancer était de l’histoire ancienne. Hélas le mélanome est une forme de cancer foudroyante lorsqu’il n’est pas dépisté à temps. Pas sûr que le sien ait été diagnostiqué au bon moment.

On raconte –mais pas moyen de savoir si c’est vrai ou faux : Marley n’en a jamais parlé- qu’il se requinquait grâce au free base, une manière de fumer la cocaïne en la débarrassant de ses alcaloïdes. En tout cas, ce qui est indéniable, c’est qu’il fumait énormément d’herbe.

Chris Blackwell, le boss de Island Records, se rendit compte de l’état pitoyable de l’artiste : durant l’enregistrement du clip de « Redemption Song », Bob fut pris d’une terrible quinte de toux et dut aller s’étendre ;

« J’ai horriblement mal à la gorge et à la tête. Et quelque chose ne va pas dans ma voix. J’ai le sentiment qu’on m’a empoisonné » avoua-t-il.

Il l’ignore encore, mais il est atteint d'un cancer aux poumons, à l’estomac et au cerveau.

Lorsqu’il n’était pas sur scène, il passait désormais le plus clair de son temps allongé sur un lit, même en interview.

Une tentative de sortie s’était soldée par un échec : fin septembre 1980, il avait entamé un jogging à Central Park… s’était effondré, conscient mais glacé, terrifié, quasiment paralysé ; ses amis avaient dû le porter jusqu’à son hôtel. C’était un dimanche. Le lundi, un neurologue lui apprenait qu’il avait une grosse tumeur cancéreuse au cerveau… qu’il ne lui restait plus que deux ou trois semaines à vivre. Bob, pourtant, crut (ou se persuada) qu’il s’agissait d’un coup fourré pour l’obliger à arrêter la tournée.

Il décide de consulter d'autres médecins…

Il tombera dans les pattes du docteur Josef Issels, un ancien officier nazi reconverti dans les guérisons miracles de cancéreux en phase terminale considérés comme perdus par la médecine traditionnelle. Mais en attendant il est bien obligé d’admettre qu’il tient à peine debout.

Après un dernier concert à Pittsburg, la tournée « Uprising » fut officiellement annulée le 23 septembre. Bob, paraît-il, ne croyait pas qu’il allait mourir mais il avait pleinement conscience que sa carrière était finie.

Le 24 septembre, il fut à nouveau transporté à l’hôpital Cedars of Lebanon. De là, on l’envoya directement dans un centre pour cancéreux à New York. Le 7 octobre, on lui administra des rayons X. Sentant l’effet bénéfique du traitement, il put regagner son hôtel. Répit de courte durée. La chimiothérapie fit tomber ses cheveux et lui causa d’incessantes nausées ; il perdit douze kilos en une semaine. C’est alors que son toubib attitré Pee-Wee Frazier lui apprit que le docteur allemand Issels, spécialiste du traitement des cancers par des procédés non toxiques, devait donner une série de conférences à New York. Certains de ses collègues le prenaient pour un charlatan, mais d’autres assuraient qu’il avait des longueurs d’avance sur ses confrères : sa thérapie se composait d’un régime très strict, d’hyperthermie (traitement par la chaleur), d’injections de substances que certains disaient expérimentales et d’une philosophie impliquant une sorte de transfert psychologique d’identification du patient avec le médecin (Bob Marley, Stephen Davis, éditions Point Virgule).

Charlatan ou pas, Bob n’avait plus rien à perdre Il avait grand peine à respirer, à s’alimenter et il était partiellement paralysé.

Issels admit que le mélanome offrait très peu de chance de guérison mais prit le risque. Bob fut mis dans un Concorde reliant les Etats-Unis à l’Europe.

Le 9 novembre 1980 il était dans les Alpes de Bavière, accueilli dans la clinique du docteur Issels, dans un tel état que les soignants s’attendaient à le voir mourir dans l’heure. Dans les faits, il vivra encore un semestre (il meurt le 11 mai 1981, au lendemain de l'élection de François Mitterrand).

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