Les disques les plus inventifs des 19è et 20è siècles (1è partie)

Publié le par Daniel LESUEUR

Les disques les plus inventifs des 19è et 20è siècles (1è partie)

Un disque avec 48 pochettes différentes…

un disque pour non-voyant…

un disque pour fœtus…

un journal sonore…

un disque pour les poupées. Tout cela a existé !

Les inventeurs du vingtième siècle ne manquaient pas d’imagination, on le savait déjà. Mais ce qu’on sait moins c’est qu’ils se sont bien défoulés sur cet objet à usage courant qu’est le disque. Et ça ne date pas d’hier mais carrément d’avant-hier…

Déjà, au 19è siècle…

A une époque où peu de monde croyait encore en l’avenir du disque, il fallait tout de même lui trouver une utilisation, sinon ça n’aurait servi à rien de l’inventer ! On pensa au jeune public et l’on fabriqua des poupées avec, à l’intérieur, des petits tourne-disques.

Fin 1887, Edison acheva la mise au point de poupées parlantes et chantantes. Hélas, à cette époque, Il était impossible d'envisager le moindre procédé de duplication. Les disques furent donc enregistrés un par un par de charmantes jeunes filles qui récitaient ou chantaient autant de fois qu'il le fallait. Cinq cents poupées avaient été commercialisées en 1888 et 1889, mais, malgré des efforts publicitaires, l'objet s'avéra d'un usage trop délicat pour devenir un jouet courant pour le grand public. En conséquence, le produit fut abandonné en 1890 ... ce qui n'empêcha pas le Français Henri Lioret de reprendre l'idée à son compte, sous le nom de Bébé phonographe.

Un concurrent se met sur les rangs... D'une hauteur de 65 centimètres, le Bébé Jumeau (du nom du fabricant de poupées Emile Jumeau) était vendu, accompagné de deux disques, au prix de 38 francs ou 48 francs, selon la lingerie du bébé (les disques, vendus séparément, coûtaient 2,50 francs). C’était très cher pour l’époque et le jouet resta réservé à un public aisé.

Fin 1893, afin d'améliorer les relations entre la France et la Russie, le président de la République française Félix Faure offrit trois poupées parlantes à la grande duchesse Olga.

Des disques pour les non-voyants

Ce handicap pose problème dans le cadre d’un disque « normal », c’est-à-dire qui ne dure que 3 ou 4 minutes par face, obligeant à se relever pour retourner le disque. Furent donc commercialisés tournant à une vitesse extrêmement faible de 8 tours par minute (par comparaison, les plus rapides étaient des 78 tours). Ainsi le non-voyant pouvait rester assis dans son fauteuil près d’une heure en écoutant le même disque.

Le disque à pochettes multiples

La mode des pochettes multiples est née en Grande-Bretagne,. Pour un même disque, l'artiste choisit plusieurs possibilités de pochette. Le fan sera-t-il assez… fan, donc fanatique (ou assez gogo) pour acheter x fois le même disque sous emballages différents ? La question est à poser aux admirateurs de Doctor Feelgood (cinq pochettes différentes pour As Long As The Price Is Right, chaque pochette, d'une couleur différente, représentant un billet de banque glissé dans un soutien-gorge… une pochette par valeur: £1, £5, £10, £20 et £50), les Damned (quatre pochettes, une par membre du groupe, de leur album de 1979 sur le label Chiswick référencé CHIS 112), Led Zeppelin (six pochettes en 1979 pour In Though The Outdoor), les Zones (quatre pochettes en 1979 pour leur album Under Influence). Le record fut battu par Ian Dury qui proposa 48 pochettes différentes dans le monde entier pour son album Do It Yourself. Il fallait être sacrément fanatique de cet artiste pour essayer de posséder l'intégralité des variations, car il n'y avait pas vraiment de notion artistique dans ce gadget: Ian Dury avait simplement demandé d'utiliser 48 motifs différents de papiers peints !

Ce gimmick de la pochette multiple ne fut qu'une mini-mode : tous les exemples cités se rapportent exclusivement à l'année 1979 et à des artistes strictement britanniques. Une vogue qui n'a guère fait de vagues !

Les livres sonores

Les livres sonores, relativement faciles à trouver dans le monde occidental des années 50 et 60, étaient principalement confectionnés à l’intention du jeune public. Ces livres ont, plus ou moins, les dimensions d’un 45 tours courant... mais, bien sûr, de forme carrée ou rectangulaire, plutôt que ronde. Il s’agit donc d’un petit livre d’environ 17 à 20 centimètres de côté, et muni d’une couverture cartonnée enduite d’une pellicule de vinyle. Bien entendu, le livre est percé d’un trou qui permettra de la placer sur un tourne-disques.

Les magazines sonores

Les magazines sonores, quant à eux, utilisent le principe du disque flexi ; peu coûteux, ils peuvent être envoyés par la poste, et devenir ainsi un fabuleux objet de promotion et de publicité, comme Sonorama, Théâtrorama et Cuisinorama en France, ou Krogozor en URSS.

Krugozor ainsi que son concurrent C&AAA : Club & Amateur Art Activities, offraient chaque mois ou chaque quinzaine, depuis les années 50, plusieurs disques flexibles sur vinyle bleu ; la majorité étaient consacrés aux événements qui agitaient le monde soviétique, mais, dans chaque numéro, une ou deux faces de flexi étaient dévolues à la musique.

En France, la première expérience de magazine sonore d’information et de divertissement est très certainement “Les archives sonores du monde”, publié par la firme Prétoria, et commercialisé dès janvier 1958, soit plus de six mois avant le premier numéro de Sonorama, revue pourtant beaucoup plus connue.

Toutes ces informations sont tirées du livre Histoire du disque et de l'Enregistrement sonore (cliquer ICI)... à suivre en cliquant ICI.

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