SUIVEZ BUDART : un rare exemple de bonne série télé française

Publié le par Daniel LESUEUR

SUIVEZ BUDART : un rare exemple de bonne série télé française

Je n'écrirai pas que la télévision française de 2016 est la plus mauvaise du monde : elle est, ni plus, ni moins ignoble que la plupart des autres ! Heureusement, aujourd'hui, grâce à internet, il faut être vraiment débile pour continuer à la regarder ! Mais en 1972, lorsqu'il n'y avait pas le choix, il n'y avait d'autre alternative que de la laisser éteinte la majeure partie du temps.

... à une époque où culture = Guy Lux, en 1970 très précisément, un génie nommé André Voisin conçut "Le Feuilleton dérisoire", qui, non contente d'être la première émission de télé réalité, annonçait avec énormément d'avance la chute du monopole sur l'audiovisuel (dix ans pour la radio, quinze pour la télévision).

Considérant sans doute trop révolutionnaire ou, au moins, dérangeant, le titre "Le Feuilleton dérisoire", il devint "Suivez Budart". Trop en avance sur son époque, le génial divertissement fut descendu en flamme par le public et la critique.

Août 1972

Le bel objet audio-visuel (et non pas idiot visuel, comme le reste de ce qui était proposé au Français moyen) resta deux ans dans les placards de l'ORTF qui consentit, du bout des lèvres, à diffuser cette merveille... ne serait-ce que pour "rentrer dans ses sous" en remplissant une case horaire. Elle choisit le mois le plus creux de l'année, août, mais, paradoxalement, choisit-elle un "prime time" : vers 20 heures ! Décision ahurissante pour une émission expérimentale d'avant-garde qu'il aurait fallu diffuser après 22 ou 23h, comme le sont aujourd'hui les films rares du ciné-club, destinés à un public éclairé, et pas aux beauf'.

Loufoque, délirant, libre, improvisé... et génial

L'originalité et la qualité de Suivez Budart passèrent au-dessus de la tête des gros vacanciers balourds qui ne s'intéressaient qu'au Tour de France, au camping, à la bière et à bronzer :

- ."Totalement démentiel ce feuilleton, on ne peut aller plus loin dans la folie et la bêtise."

- "Suivez Budart : une nullité complète sans intérêt. Tous les comédiens sont médiocres dans un feuilleton complètement raté."

- "La plus grosse niaiserie qui puisse exister."

Roger Riffard explique qu'une large part a été laissée libre à l'improvisation et défend le rôle en déclarant :

"Budart est un vieux militaire pensionné, philosophe, simple, attaché aux traditions, un peu entêté, gaffeur, mais finalement plein de bonne volonté, bref, un bon bougre de Français moyen somme toute comme moi !"

Synopsis : Dans un grand ensemble de la région parisienne, un bricoleur en électronique monte son propre circuit privé de télévision et produit ses émissions. C'est la première expérience de télévision pirate, tout du moins en France (il y en avait déjà eu aux Pays-Bas). Les habitants se transforment vite en reporters, speakerines, journalistes, comédiens, à commencer par le gardien Budart, l'acteur Rogert Riffart.... sans oublier la délicieuse Christine AUDHUY que l'on aurait aimé voir souvent sur petit ou grand écran.

Extrait du dernier épisode...

- Croyez-moi, monsieur le commissaire, la seule réalité, c'est le rêve !

- Non, c'est de doit.

Et vous, lecteurs, vous êtes dans quel ca

L'intégralité des vingt épisodes est en vente sur le site de l'INA pour une somme dérisoire : 23€ ! Pas de quoi se priver (cliquer ICI).

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