Les vertus ignorées ou méconnues des plantes d'ornement... Pendant l'été, mangez des fleurs

Publié le par Daniel LESUEUR

Les vertus ignorées ou méconnues des plantes d'ornement... Pendant l'été, mangez des fleurs

Et si, au lieu d'aller au restaurant, on allait chez la fleuriste ? Au menu, salade de bégonia et fondue à la rose trémière

Les cinéphiles connaissent cette scène tirée d’un Laurel & Hardy : le gros est hospitalisé, le maigre vient à son chevet, porteur de fruits et de fleurs. Ayant englouti tous les fruits, Laurel, distraitement, arrache un pétale et y goûte. Pas déçu du résultat, il en vient à manger le bouquet. Burlesque ? Pas tant que ça !

Invitation à brouter

Dans un Lucky Luke, les Dalton, en cavale (comme d’habitude !) cherchent désespérément à se nourrir. Averell se met à quatre pattes près des chevaux et mange la prairie à leurs côtés ! Peut-être n’a-t-il pas tort. On sait que, pour tromper la faim, on peut mâchouiller un brin d’herbe. De là à faire un repas constitué d’aliments glanés uniquement chez la fleuriste, il n’y a qu’un pas...

« Mangez vos soucis »

C’est le titre, accrocheur, d’un livre de François Couplan qui a écrit pas moins de 15 livres consacrés à… la dégustation des végétaux. Et son argument est imparable : il existe environ 400 000 plantes différentes ; l’homme n’en connaît véritablement que 15 000 considérées comme alimentaires (c’est déjà pas mal pour remplir son assiette chaque jour avec des mets différents !)

Pourquoi 15 000 sur 400 000 ?

Il a fallu éliminer les plantes toxiques (sinon, François Couplan n’aurait plus beaucoup de lecteurs), celles à usage strictement médicinal, et enfin celles qui, bien que consommables, ont une consistance peu accorte (trop coriaces, trop petites, etc). Encore que pour la question de la consistance, des peuplades en période de disette feront sans doute moins la fine bouche qu’un Français… même en temps de crise.

A table !

Après une présentation précise du végétal, Couplain propose, pour chacun, une recette facile à réaliser

Le vin de pâquerettes

On est dans le domaine du simple : retenez le nombre « trois ». 3 litres de fleurs, 3 litres d’eau bouillante. A laisser macérer 3 jours puis à filtrer. Rajouter un jus de citron, un zeste d’orange et un peu de gingembre frais. Ajouter ensuite 1,5 kilo de sucre (la moitié de 3 !), faire bouillir doucement un quart d’heure. Quand le tout a tiédi, ajouter de la levure de bière. Couvrir, chambrer, attendre 6 jours (oui, deux fois 3 jours !). Filtrer et hop, embouteiller ! L’auteur conseille d’attendre quelques mois pour que le goût de la fleur soit plus prononcé. A boire frais en apéritif ou au dessert.

La salade de bégonias et fleurs diverses

Feuilles de bégonias, de violettes, pousses de lilas, le tout sera plutôt acidulé ; pour compenser, ajouter de la purée d’avocat, jus de citron, huile d’olive, un soupçon de miel, sel et cumin… compléter avec des feuilles de laitue, carotte râpée.

La fondue à la rose trémière

Faire revenir à feu vif dans l’huile des oignons hachés et, par personne, une poignée de feuilles de roses trémières finement coupées ; laisser réduire, couvrir d’eau, saler et faire cuire doucement 15 minutes. A la fin, ajouter un mélange d’ail écrasé et grains de coriandre préalablement cuit au beurre. Passer le tout au mixer, la fondue est prête pour y plonger des bouts de pain.

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