Les Sex Pistols, têtes d'affiche du punk

Publié le par Daniel LESUEUR

Les Sex Pistols, têtes d'affiche du punk

"God Save The Queen" interdit à la vente, le contrat des Pistols résilié... Les Clash remboursant à leur maison de disques des sommes faramineuses... Ca commençait mal !

Les deux plus grands groupes de punk anglais ont très mal démarré leur carrière. Mais c'est l'époque qui voulait ça : agressifs, violents, ne respectant rien et pas même leurs fans, ces jusqu'au-boutistes ne pouvaient pas s'attendre à ce que la société leur fasse les yeux doux !

Une histoire express

Certainement le plus “météoritique” de tous les grands groupes de la pop music, les Sex Pistols, maîtres du punk rock, n’ont vraiment existé que 26 mois. Si leur image est légendaire, leurs tubes se comptent sur les doigts d'une main : "Anarchy in the U.K", "God Save The Queen" et c'est tout. Ils sont nés du cerveau fertile et malin du couturier Malcolm McLaren, décédé en avril 2010, qui les a pourvus de surnom ad hoc :

- John Lydon, en raison de sa dentition délabrée, devient Johnny Rotten (Johnny Pourri).

Après son départ du groupe en 1978, le leader des Pistols devient Sid Vicious. Soupçonné d'avoir trucidé sa petite amie, il emporte son secret dans la tombe, victime d'overdose la veille de sa déposition en justice. On retient de Sid Vicious qu'il a inventé le pogo

Bien malgré lui, d'ailleurs : un soir, dans un club hyper bondé, Sid essaye de repérer dans la foule ceux avec qui il avait rendez-vous. N'étant pas spécialement doté d'une haute stature, Sid se met à sauter sur place, à pieds joints. Et tout le monde se met à l'imiter. Le pogo est ensuite rapidement devenu la danse fétiche des punk, une danse qui consiste à sauter de manière désordonnée dans le seul but de culbuter violemment son voisin, et, but non avoué, lui faire le plus de mal possible, soit directement d'un coup de boule, soit en parvenant à diriger sa trajectoire sur un radiateur, un coin de comptoir ou, nec plus ultra, des tessons de bouteilles de bière. Partout où passent les Pistols, les lieux sont dévastés par leurs fans

Bientôt aucune salle de spectacle ne veut plus accueillir leurs prestations. Mais leur réputation, bien que sulfureuse, attise l'intérêt des maisons de disques qui font monter les enchères. C'est d'abord EMI qui leur propose la plus grosse avance de l'histoire du disque, 40 000 livres sterling, avant de se rétracter par peur du scandale (au point d'abandonner tout espoir de récupérer la mise). A&M leur propose alors 150 000 livres sterling pour signer... et, quelques jours plus tard, propose une rallonge de £ 25 000, mais cette fois pour résilier le contrat : entre-temps, les Pistols ont injurié en direct le célèbre animateur de télé Bill Grundy.

Bref, en seulement quelques semaines, les voici sur une troisième firme, Virgin, qui, elle, les tiendra bien en mains.

Entre-temps est sorti un fameux 45 tours... "God Save The Queen"

Les Britanniques, qui ne sont pas avares de métaphores, qualifient ce disque des Sex Pistols de "l'un des plus mémorables 45 tours de l'histoire du rock, publié, l'année du Jubilée de la reine, dans la pochette la plus irrévérencieuse qu'il soit possible d'imaginer" ! Et ce n'est pas faux : sa gracieuse Majesté est représentée avec une épingle à nourrice (l'emblème des punk) fichée dans l'oreille. La première édition est publiée au mois de mars, mais le groupe ayant été viré par sa maison de disques A&M, tous les stocks sont détruits, accordant ainsi une valeur d'au moins un millier d'euros aux quelques exemplaires qui échappent par miracle à l'autodafé.

Le disque est réédité deux mois plus tard par la firme Virgin...

Il est néanmoins interdit de diffusion sur de nombreuses stations de radio, et refusé à la vente par de nombreuses chaînes de grands magasins. Ce qui ne l'empêche pas de grimper à la deuxième place du hit-parade anglais !

Les Clash ne sont pas en reste (à suivre en cliquant ICI).

Publié dans musique

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PhilK 12/05/2016 17:46

Le punk fut un courant de société crypto-situationniste , dadaïste & libertaire d'expression et d'auto-organisation (Do it yourself !) d'une partie de la jeunesse qui a été bien au-delà de la "violence" supposée et bien au-delà des Charts qui comme les hippies et le Flower Power auparavant, a révolutionné tous les champs de la mode et de l'art...Il n'a pas existé dans le but de produire des "tubes" mon cher Daniel, mais a été le "Trou noir" qui a métamorphosé peu à peu le climat de son époque en permettant à d'autres vagues de naitre ensuite , même si le "retour sur investissement" en choquant le bourgeois était sans doute l'intention première de Mc Laren...