L'Eurovision : 60 ans que ça dure ! (seconde partie)

Publié le par Daniel LESUEUR

L'Eurovision : 60 ans que ça dure ! (seconde partie)

~Le but avoué étant de séduire le plus grand nombre de votants, les chansons présentées sont souvent fades. Mais on a parfois d'agréables surprises. Au contraire des films de science-fiction qui nous présentent les laboratoires de savants fous voulant faire exploser le monde, les chansons destinées à l’Eurovision sortent du laboratoire de savants sages. La recette est simple : la sauce doit être le plus fade possible ! Jean-Pierre Coffe s'en retournerait dans sa tombe. Du brouet sort parfois une bonne chanson…

1967 : une poupée dans un string !

Mauvaise traduction, heureusement corrigée par l’interprète elle-même. 1967 est l’année du raz-de-marée britannique : Sandie Shaw, surnommée « la chanteuse aux pieds nus » car elle ne porte jamais de chaussures sur scène, remporte la première place avec « Puppet on a string ». Sandie, qui a déjà enregistré de nombreuses fois en français, publie simultanément l’adaptation « Comme un tout petit pantin ». Et elle passe si fréquemment à la radio qu’elle éclipse la version du quatuor des Parisiennes. « Puppet on a string » est indiscutablement le plus gros succès européen de l’année, au même titre que « Whiter shade of pale » de Procol Harum.

1968 : le retour du vétéran

Ceux qui étaient persuadés que le concours de l’Eurovision était fait pour découvrir de nouveaux talents se sont bien trompés : voici venir Cliff Richard, sans son groupe les Shadows. Loin d’être un « jeune talent », Cliff a derrière lui une carrière longue de dix ans. Il n’a donc pas le trac, et l’habitude de la scène joue pour lui. Avec « Congratulations », il finit deuxième derrière l’Espagne.

En France, cette année-là, le festival, qui se déroule chaque année en mai, est troublé par les « Evènements » de mai 68.

1969, une victoire… partagée

Du jamais vu depuis 1956 : cette année-là, sur 16 pays, quatre sont gagnants ex aequo ! La Grande-Bretagne avait présenté « Boom bang-a-gang », chanson sans grande originalité interprétée par Lulu, chanteuse vedette dans son pays depuis 1963. Une nouvelle fois, la formation des Parisiennes l’adapte en français… sans succès. La participation française, « Un jour, un enfant » par Frida Boccara, gagnante elle aussi, était d’excellente facture.

1970, l’agréable surprise

Le Royaume-Uni présente Mary Hopkin, jeune Galloise découverte l’année précédente par Paul McCartney. Mary avait obtenu un énorme succès international avec « Those were the days » / « Le temps des fleurs » en 1968. Elle réitère avec cette superbe chanson, « Knock knock who’s there », coécrite par John Carter. Deuxième à l’Eurovision, « Knock knock who’s there » est également n°2 au hit-parade anglais (mais seulement 92ème aux Etats-Unis).

1971, un palier

Mauvaise pioche, et c’est dommage : la chanteuse Clodagh Rodgers aurait pu faire nettement mieux que 4ème à l’Eurovision si on lui avait confié une meilleure chanson (elle l’avait prouvé au hit-parade avec « Come back and shake me », elle est talentueuse).

1972, des « nouveaux » Seekers

Dans les années 60, le groupe des Seekers avait figuré plusieurs fois au hit-parade (« Georgy girl », « The carnival is over », etc.). Mais là il s’agit d’un tout autre groupe, les New Seekers. Leur excellente chanson « Beg, steal or borrow » est deuxième. Le jury préféra « Après toi » par Vicky Leandros, également excellente. Bref… 1972, très bonne cuvée !

1973 : le retour du vétéran… BIS !

Et oui, Cliff Richard revient, cette fois avec « Power to all our friends » ; Cliff n’est toujours pas accompagné par son groupe les Shadows. Mais en contrepartie les Shadows (sans Cliff Richard) se présenteront en 1975 et se classeront deuxièmes avec « Let me be the one ». Dans l’immédiat, Cliff est classé 3ème.

1974 : une véritable révélation

La mignonne Olivia Newton-John avait fait peu d’impression au sein de son premier groupe, Toomorrow. Sa participation à l’Eurovision avec « Long Live love » lui offre un formidable tremplin. Elle finit seulement 4ème (difficile de rivaliser avec « Waterloo » de Abba) mais s’apprête à mener une incroyable carrière internationale grâce au film « Grease ».

Publié dans musique

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