Il y a cent ans, Gaby MORLAY...

Publié le par Daniel LESUEUR

Il y a cent ans, Gaby MORLAY...

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Il y a cent ans, Gaby MORLAY faisait la une de LA RAMPE, revue hebdomadaire des spectacles. C'était la consécration au terme d'une carrière qui avait commencé modestement fin 1912...

Les mois qui avaient précédé cette réussite (la première couverture de journal. La première avant des centaines d'autres !) avaient été partagés entre les planches et la pellicule...

Au cinéma : Les Épaves de l'amour, court-métrage de René Le Somptier avec France Dhélia encore sous le pseudonyme de Mado Floréal, une bande dont Gaby dira qu'elle ne lui laisse aucun souvenir particulier, au point même de ne pouvoir citer le titre :

« J'ai beau fouiller dans ma mémoire, je suis incapable d'en rien dire » (Pour vous – L'Intran n°241 du 29 juin 1933).

Au théâtre : à La Renaissance, Le Zèbre, reprise d'un vaudeville en trois actes de Francey et Armont / Fred, de R. Trébor et Auguste Germain, une pièce jouée plus de deux cents fois dix ans plus tôt par André Dubosse et Marguerite Caron.

On aperçoit Gaby dans un tout petit rôle entre Saint-Granier et Marcelle Denya dans une revue à La pie qui chante. On la voit aux Bouffes-Parisiens dans deux pièces de Sacha Guitry, Le Scandale de Monte-Carlo (l'histoire d’une femme abandonnée, délaissée, « morte parmi les mortes », ayant perdu sa fortune sur les tables de jeu de la Principauté, qui s’achève sur une annonce tragique : « cette nuit je pique une tête dans la mer ») et Un soir quand on est seul dont parle La Rampe :

- Sacha Guitry nous conviait à un spectacle d'été, composé de trois comédies formant un seul acte. Des deux premières rien à dire au point de vue des toilettes. La dernière : Un soir quand on est seul, exquise fantaisie où évoluent, de fines, jolies et gracieuses figures personnifiant : la raison, la mémoire, la volonté, la conscience de l'auteur !...

Vous pensez si cela demandait une verve outrancière, de la légèreté, de la hardiesse et de l'esprit ? En une harmonie noire et blanche, meubles, tapis et bibelots anciens, coussins sombres, voici que se glisse près de Lui, une gracieuse fantaisie d'abord, à laquelle nul ne saurait résister ; elle a nom : Gaby Morlay. Vêtue d'un costume de clown original, en satin ivoire à pois énormes, entourés de cercles noirs. Culotte serrée aux chevilles. Chandail droit et ample, à manches larges, ouvertes du bas.

On la voit au Châtelet à partir du 10 décembre 1915 et durant plus d'un an dans Les Exploits d'une petite Française, l'histoire de Mariette qui capture tout un détachement de soldats allemands en les menaçant d'une thermos qu'elle présente comme une bombe.

C'est un triomphe, et c'est le début de l'opulence : ce n'est plus trois francs qu'elle gagne, par jour, mais trente. Elle s'installe dans un vaste appartement aux Champ-de-Mars, engage une employée de maison et se ruine en toilettes car elle est chaque soir invitée à souper et ne saurait se montrer deux fois de suite avec la même robe...

Le 21 septembre, dans La Rampe, on la voit photographiée avec Harry Baur, puis dans un lâcher de perruches (à suivre)

Il y a cent ans, Gaby MORLAY...

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