Histoire d'une chanson : WHITER SHADE OF PALE

Publié le par Daniel LESUEUR

Histoire d'une chanson : WHITER SHADE OF PALE

Le même mois, deux auteurs des éditions Camion Blanc, Didier Delinotte et François Grimpret, se penchent sur le "cas PROCOL HARUM". Deux livres fortement conseillés, évidemment (cliquer ICI et ICI).

Nous sommes en 1967. Avec leur premier album et « A whiter shade of pale », les Procol Harum vont être parmi les représentants les plus influents du rock progressif, aux côtés de The Nice, Soft Machine ou encore Barclay James Harvest. « A whiter shade of pale » en est ainsi un « pur produit », notamment par sa ligne d’orgue directement inspirée de deux pièces de Bach, la cantate Wachet auf, ruft uns die Stimme et la Suite pour orchestre n°3 en ré majeur.

Autre code musical propre au rock progressif que l’on retrouve sur « A whiter shade of pale » : la présence d’un piano qui vient « soutenir » la fameuse ligne d’orgue. La production est par ailleurs sciemment emphatique, « grandiose », ce qui donnera au rock progressif son autre nom de « rock orchestral ». Pour les paroles, Reid puise dans ses poèmes le contenu nécessaire, à savoir une histoire d’amour contrariée où se superposent fantasmes, visions, personnages loufoques et inattendus, dans le pur style progressif, mélange de baroque et de… LSD, Reid en étant un consommateur enthousiaste depuis au moins 1965.

Sorti sous format single en mai 1967 en Angleterre et aux États-Unis, « A whiter shade of pale » connaît un succès fulgurant. Le morceau se classe premier dans les charts UK et cinquième au Billboard américain. Le rêve initial de Brooker et Reid se réalise : ils sont tous les deux millionnaires grâce à leur savoir-faire artistique respectif (et avant leur trentième année). Le morceau est vite considéré comme un chef-d’oeuvre de rock progressif et les Procol Harum sont adoubés par leurs pairs (dont ils étaient les « simples » fans quelques semaines seulement). John Lennon s’en déclare « complètement fan, au point qu’[il] la chante tous les matins au saut du lit », tandis que Brian Wilson (Beach Boys), toujours très inspiré (surtout à l’époque), déclare que « A whiter shade of pale » sera sa « marche funéraire ». La chanson sera par ailleurs reprise dès 1967 par les Box Tops, puis par Annie Lennox, Peter Gabriel, Bonnie Tyler, même la France et le Québec auront leurs versions francophones, par Donald Lautrec et son « Jour du dernier jour » (1967), par Nicoletta avec « Les orgues d’antan ». Et on ne compte plus les utilisations cinématographiques de la chanson.

« A whiter shade of pale » permettra aux Procol Harum de réaliser une jolie carrière, même si, paradoxalement, elle fut quelque peu « écrasée » par le phénoménal succès de la chanson qui fut quant à elle déclarée en 2009 « morceau le plus diffusé dans les lieux britanniques depuis 1934 ». Au regard de la concurrence présente sur le marché britannique (Beatles, Rolling Stones, Who, Cliff Richard…), la performance est… historique !

(texte de françois Grimpet extrait de son livre Petit dictionnaire des Chansons rock volume 2)

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