Hank Williams

Publié le par Daniel LESUEUR

Hank Williams

Hank Williams (1923-1953)

Il n’est pas à proprement parler un rocker, d’autant qu’il mourut quelques mois avant la naissance « officielle » du rock’n’roll, mais son influence sur les rockers est indéniable, tant sur le plan artistique que sur celui de la consommation d’alcool et de drogues. Sa mort elle-même est rock’n’roll : son chauffeur le retrouva raide sur la banquette arrière.

Il n’avait que trente ans mais son foie et son cœur étaient ceux d’un octogénaire

A sa naissance, on diagnostiqua un problème de colonne vertébrale, qui occasionnera toute sa vie un mal de dos chronique, ce qui excuse en partie son goût précoce et immodéré pour toutes sortes de substances pouvant l’aider à calmer la douleur.

La septième année de Hank est marquée par deux évènements :

- l’achat de sa première guitare

- et la crise d’anévrisme cérébral de son père qui va dès lors souffrir de paralysie faciale, à la suite de quoi il quitte le domicile familial pour être traité en hôpital (Hank restera huit ans sans le voir).

Tout juste âgé de dix ans, Hank tombe sous la coupe –sans jeu de mot !- d’un cousin plus âgé qui l’initie au whisky.

A 14 ans, Hank, malin, joue de la guitare dans la rue… mais pas n’importe où : sous les fenêtres d’une station de radio locale ! Il s’ensuit un petit contrat (fort bien payé, au demeurant) pour une prestation hebdomadaire d’un quart d’heure. Les dollars engrangés permettent à Hank d’engager des musiciens et de monter son premier groupe, les Drifting Cowboys. Il n’a que 16 ans !

Hélas deux ans plus tard le pays entrait en guerre et c’était le début des galères, ses musiciens étant enrôlés dans l’armée. Lorsqu’il en recrutait de nouveaux, ils ne restaient jamais, Hank étant devenu ingérable en raison de ses problèmes d’alcoolisme :

"Ta voix vaut un million de dollars mais ton cerveau ne vaut que dix centimes », lui dit un jour Roy Acuff. Il avait raison!

Hank en vint à se faire jeter de la station de la radio où il se rendait ivre pour réaliser son émission. Paradoxalement, alors qu’il avait été contraint d’aller bosser à l’usine, ses premiers 78 tours commencèrent à se vendre comme des petits pains.

Il s’était marié en 1944, son épouse devint également son manager car il fallait quelqu’un pour s’occuper de sa carrière. Il put ainsi remonter les Drifting Cowboys mais l’aventure fut de courte durée : ses accompagnateurs le lâchèrent au motif que Hank dépensait davantage en boisson que ce que le groupe était payé en concert.

Sa vie privée fut elle aussi détruite par sa dépendance à l’alcool et, également, à la morphine qu’il prenait pour calmer ses douleurs dorsales.

Il divorça… Se remaria en 1952 mais sa seconde épouse devint veuve rapidement : le Jour de l’an 1953, à Canton, dans l’Ohio, on attendit Hank en vain.

Il ne chanterait plus « Jambalaya »…

La veille au soir, en raison d’une météo désastreuse, il avait préféré prendre la route plutôt que les airs. Il avait engagé comme chauffeur un gamin de 17 ans pour conduire sa Cadillac. Avant de quitter le Tennessee, il s’était fait injecter une bonne dose de vitamine B 12 et de morphine pour supporter le voyage. On raconte qu’il avait décidé de faire bonne impression sur les organisateurs de concerts qu’il allait rencontrer et avait exceptionnellement renoncé à ne pas s’embarquer avec l’habituelle bouteille de whisky ; le fait qu’on ne retrouva, outre ses effets personnels et sa guitare, que quelques canettes de bière.

Son domaine de prédilection était la country, bien que de nombreuses stars du blues et du jazz ou même des crooners aient donné des interprétations différentes de ses compositions.

Sous le pseudonyme de Luke the Drifter, il enregistra également des disques religieux (ce texte est extrait de mon livre Rock Deglingue : Sexe, drogue, morts violentes et tutti frutti - cliquer ICI.

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