Léo Ferré l'Indigné (2)

Publié le par Daniel LESUEUR

Léo Ferré l'Indigné (2)

En 1965 et 1966, il se produit au Canada. Il revient, non pas transformé, mais sûr de ses convictions.

Les adjectifs ne manquent pas aux journalistes qui insistent sur ses propos incisifs et libertaires. Le fait est que Léo ne sera en rien étonné par mai 68 qu'il avait senti venir ; ne publie-t-il pas un album intitulé "Amour anarchie" ? Et les chansons "Graine d'ananar" et "Ni dieu ni maître" ?

A 50 ans passés, il s'engouffre dans la pop music, décroche en 1969 un surprenant tube de l'été avec "C'est extra", slow langoureux dans lequel il cite les Moody Blues. Une expérience étonnante de sa part ?

Embarqué par un formidable regain de jeunesse, il enregistre un album avec un groupe de rock français, Zoo. Mais que cela a-t-il d'étonnant ?

Ferré a TOUJOURS étonné : vingt ans plus tôt (donc alors qu'il était presque totalement inconnu) il avait écrit... un opéra !

Ambitieux ? Prétentieux ? Ni l'un ni l'autre. Ferré a juste besoin de concrétiser ses aspirations artistiques, quelles qu'elles soient.

Après l'opéra et le rock, retour à la simplicité sous sa forme la plus dépouillée : en 1972, il tient l'Olympia seul au piano durant trois semaines. Mais la fois suivante il tiendra à être accompagné par un orchestre de 80 musiciens.

Quelle expérience n'ose-t-il pas tenter ?

Il publie ce que l'on qualifie de "tubes" "T'es rock coco", "Les Loubards", "Salut beatnick", "Richard", "La The Nana", "La Solitude" et "Le Chien", parlé, déclamé mais pas chanté (enregistré dans un lieu mythique, la Mutualité). Et l'inoubliable "Avec le temps" (1971) que Dalida reprend avec brio.

L'âge de se calmer

Le bouillant Ferré ressent le besoin de se ressourcer. Il fait retraite en Italie, s'adonne à la poterie, fabrique lui-même son pain... Mais revient de temps à autre sur une scène parisienne. Il meurt en 1993, et, irrespectueux jusqu’à son dernier souffle, le fait le jour du 14 juillet !

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