Jagger : Michael devient Mike puis Mick

Publié le par Daniel LESUEUR

Jagger : Michael devient Mike puis Mick

1958 : le choc rock

L’Américain Bill Haley, en raison de son tour de taille, de son physique sans âge et de son attitude réservée, eut certes un peu de mal à déclencher l’hystérie et peu nombreux furent ceux qui voulurent lui ressembler ; on ne peut en dire autant de son compatriote Buddy Holly dont le chant haché et les accords simples à reproduire incitèrent de très nombreux adolescents à s’emparer d’une guitare. De très nombreux adolescents du monde entier, pourrait-on dire, puisqu’il passa beaucoup de temps en tournée. En 1958, notamment, il joua, le 12 mars, à Croydon, ville d’Angleterre la plus proche de Dartford où l’on put le voir.

Avec son envoûtant mélange de pop et de rockabilly et sa flamboyante guitare Fender Stratocaster d’un modèle encore jamais vu en Grande-Bretagne, Buddy Holly mit les jeunes des faubourgs en émoi et en ébullition. Parmi eux, le jeune Michael Jagger qui, tout en restant très studieux, ne se sentait pas moins attiré pas l’aspect non-conformiste de la culture rock : il ne lui avait guère fallu longtemps pour réaliser qu’adopter cette attitude avait pour conséquence d’attirer l’attention, ce dont il avait besoin car, jeune homme, il était « spécial » mais on ne pouvait pas dire qu’il était particulièrement beau.

Michael devient Mike puis Mick

En s’habillant à la mode, au moins attirait-il les regards féminins. Et dans sa métamorphose d’adolescent, trouvant son prénom Michael trop classique, il le troqua contre celui de Mike (‘Mick’, encore plus cool, serait adopté un peu plus tard). Le rock’n’roll, ce nouveau mouvement qui ne tenait compte ni de l’âge ni de la couleur de ceux qui s’y engouffraient, campait un merveilleux cheval de Troie culturel, ouvrant la voie à une vaste palette de genres musicaux, certains vraiment nouveaux, d’autres vieux de plusieurs décennies.

Tandis qu’Elvis, Little Richard et Fats Domino, dans leur quête de popularité, faisaient flèche de tout bois, les amateurs de musique rythmée les plus exigeants tournaient leurs oreilles vers le blues du Midwest américain, là même où était basé le rock’n’roll, et rendirent célèbres des artistes comme Howlin’ Wolf, John Lee Hooker ou encore Muddy Waters. Et parmi ceux qui, sans honte, avouaient leur passion pour le blues se trouvait un camarade de classe de Mick Jagger, un certain Dick Taylor. En matière de connaissance et de goûts musicaux, il avait beau être à des années lumière de ses camarades, cela ne l’empêcha pas de passer un pacte d’alliance avec Jagger. Le fan de blues basique se contentait d’écouter les disques –et c’était déjà pas mal car ils n’étaient pas toujours faciles à trouver ! Taylor et Jagger, eux, faisaient mieux encore puisqu’ils s’étaient mis en tête d’en jouer. Un coup chez l’un, un coup chez l’autre, Taylor et Jagger réunissaient autour d’eux quelques copains sympa et branchés sur le même style musical qu’eux. Les pas, les poses, les attitudes blues, tout était sujet à imitation même si ces efforts restaient sommaires et semblaient sans grande conviction dans la mesure où ces répétitions sortaient rarement du cadre restreint du living room des Taylor ou des Jagger. Il n’empêche qu’à l’occasion il leur arrivait d’enregistrer la performance tout en rêvant au succès. Peut-être un jour eux aussi passeraient-ils à la radio ou à la télévision...

Publié dans musique, PEOPLE

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