Les dernières volontés d’Edith PIAF

Publié le par Daniel LESUEUR

Les dernières volontés d’Edith PIAF

Jamais testament de célébrité ne fut rédigé avec autant d’indigence

Dans quel état, physique et mental, la chanteuse se trouvait-elle au moment de rédiger son dernier testament le 13 janvier 1963, moins d’un an avant de mourir ?

Toute sa vie, Piaf fut guidée par l’amour, ou par la recherche de l’amour.

C’est l’amour également qui guide sa plume pour coucher ses dernières volontés : elle a rédigé, elle-même, et à la main, un document d’une grande indigence.

Pas de notaire, juste quelques lignes griffonnées un dimanche, un “13” de surcroît

S’est-elle senti mourir (effectivement, elle décédera quelques mois plus tard, très exactement le 10 octobre).

Etait-elle superstitieuse, craignant de mourir un “13” ? (étrange prémonition, elle mourra en octobre, le vendredi 11, précédant, effectivement, un autre dimanche 13).

"Piaf fut membre de la Rose-Croix.. Donc attentive aux signes et aux chiffres sans doute" nous apprend Phil Kirl...

Dans quel état était-elle à cet instant, pour avoir fait une faute d’orthographe sur son prénom (elle signe “Edithe”, et omet d’achever sa phrase !).

Dans sa forme plus que dépouillée, l’humble document présage de ce dont se doutait

« Piaf est ruinée », clamait la rumeur depuis plusieurs mois.

Rien d’étonnant à cela : gravement malade, il tenait du miracle qu’elle parvienne à boucler un tour de chant sans s’évanouir ou sans trou de mémoire.

Elle n’était plus que l’ombre d’elle-même.

Elle lègue “tout ce qu’elle possède” à son dernier mari, Théo Sarapo

Mais que reste-t-il à léguer, en cet instant ?

De l’avis de certains, des dettes, en grande partie. Pourtant, ses disques continuaient à se vendre et, c’est indiscutable, le show business est très lucratif. Les esprits retors ajouteraient qu’ils se vendraient plus encore après sa mort !

Piaf a vécu sa vie dans un tourbillon, sans prendre soin de son équilibre ni de sa santé.

Sans prendre soin non plus de ses finances !

Lorsqu’elle changeait d’amant, elle renouvelait entièrement sa garde-robe. Et lorsqu’elle était sans amant, son appartement s’ouvrait tout grand à quiconque, des foules d’amis mais, également, de parasites qui vivaient à ses crochets. On peut dès lors se demander ce qu’il restait, en héritage, après qu’elle ait été, toute sa vie, dépouillée par des armadas d’escrocs.

Toute sa vie, Piaf avait truqué la réalité

Elle n’allait pas changer sa ligne de conduite au seuil du trépas !

Son dernier mariage est arrangé pour séduire les médias

Ironie du sort, son dernier succès populaire, “A quoi ça sert l’amour”, en duo avec Théophile Lamboukas, surnommé “Théo Sarapo” (car S’agapo signifie Je t’aime en grec) répond comme un tragique écho à “L’hymne à l’amour” qu’elle interprétait, douze ans auparavant, en pensant à Marcel Cerdan, seule véritable passion d’une vie aventureuse.

Publié dans musique, PEOPLE

Commenter cet article