Dans les coulisses du rap, une mémée : Sylvia Robinson

Publié le par Daniel LESUEUR

Dans les coulisses du rap, une mémée : Sylvia Robinson

Le RAP n’aurait sans doute pas existé sans l’enthousiasme d’une mamie, Sylvia Vanderpool dite Sylvia Robinson (morte le 29 septembre 2011). Une mamie car, New-Yorkaise noire née en 1936 -elle a donc 43 ans lorsqu’elle se lance dans le rap- elle bourlinguait dans le monde du disque depuis des lustres (rappelons qu’un lustre vaut 5 ans).

Elle obtint son premier contrat d’enregistrement avec Columbia alors qu’elle n’avait que 14 ans.

Elle publia, sans grand succès, une poignée de vinyles sous le nom Little Sylvia puis rencontra Mickey (McHouston) Baker avec qui elle enregistra en duo.

Mickey and Sylvia enregistrent « Love is strange », un titre prétendument de Ethel Smith… il s’agit en fait d’une composition de Bo Diddley qu’il a choisi de déposer au nom de sa femme (un cadeau ou un moyen de ne pas trop payer d’impôts sur ses copyrights ?).

La qualité de la chanson « Love is strange » est évidente

Buddy Holly lui-même, pourtant peu avare en compositions, l’inscrit à son répertoire. La version de Mickey and Sylvia pulvérise les hit-parades en 1956 / 1957 avec une seconde carrière à la clé lorsqu’elle sera utilisée dans la BO du film « Dirty Dancin’ ».

N’étant pas parvenus à rééditer un tel succès, Mickey et Sylvia se séparèrent : en 1962, Mickey Baker s’envole pour la France… Et en 1964 Sylvia épouse Joseph Robinson avec qui elle va fonder le label All Platinum Records.

Après de nombreuses publications, notamment le célèbre « Shame Shame Shame » par Shirley and Company, le single « Pillow Talk » par Sylvia se trouve en 1973 au sommet des hit-parades (le disque est aujourd’hui considéré comme un standard de la période pré-disco). Pas suffisant, hélas, pour sauver All Platinum Records de la faillite qui la guette à la fin des années 70.

Mais Sylvia n’a pas dit son dernier mot

Elle s’enflamme pour « Rapper’s Delight » basé sur le riff de « Good Times » de Chic. Sylvia, productrice, permet au trio Sugarhill Gang d’enregistrer dans son studio (elle-même jouera de la basse sur le morceau).

Big Bank Hank, Master Gee et Wonder Mike sont tous trois Noirs new-yorkais (d’où leur nom, Sugar Hill étant un quartier de Harlem).

Aujourd’hui, tout le monde dit connaître « Rapper’s Delight ». Faux ! On n’en connaît qu’une partie (4 ou 5 minutes) : la version originale dure 14 minutes et demie. Le succès est tel (on parle de 100 000 exemplaires par jour au plus fort de l’engouement ; au total 8 millions de disques seront vendus) que Sylvia put, avec les bénéfices, produire de nouveaux artistes dont le trio féminin Sequence dont sera issue Angie Stone (à suivre encliquant ICI).

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