à cause d'une culotte, Tori Amos bouda dix ans l'Australie

Publié le par Daniel LESUEUR

à cause d'une culotte, Tori Amos bouda dix ans l'Australie

Tori Amos est une artiste au grand coeur. On peut aisément comprendre qu'elle ait été meurtrie par l'attitude de certains magazines à scandale, car en dehors de la musique, ses préoccupations sont loin d'être futiles.

Qui est Tori Amos?

Lorsqu’au tout début des années 90 on découvrit Myra Ellen Amos, on ne put s’empêcher de la comparer à Kate Bush (ceux qui ne l’avaient jamais écoutée la plaçaient, direct, dans la catégorie « bimbo »). Et la comparaison ne pouvait pas tourner à son avantage puisqu’elle arrivait avec dix ans de retard. Or, en fouillant un peu, on découvrit bientôt que Tori avait publié son premier disque 45-tours, « Baltimore », en 1980 sous le nom d’Ellen Amos, et un album en 1988 sous celui de « Y Kant Tori Read ». Bref, elle était quasiment contemporaine de celle à qui on la comparait…

Elle est née en 1963

Donc cinq ans après Kate Bush, certes. Ses prénom, rares, qu’il s’agisse de Tori ou de Myra, émanent des racines cherokee de sa mère. Dès son plus jeune âge, ses goûts musicaux vont de la musique classique au hard rock en passant par le jazz. Il ne sera pas rare que, durant le même concert, elle interprète du Gershwin, du Led Zeppelin, du John Lennon (« Imagine », de préférence), du U2, du Hendrix (« If 6 was 9 ») pour finir avec « Angie » des Stones.

Les échecs se succèdent

Ayant envoyé des dizaines de cassettes de ses œuvres à autant de maisons de disques, désespérée de ne recevoir que de polis refus, elle quitte le domicile familial et prend la route pour se produire en concert de ville en ville. Un malheureux soir elle accepte de se faire raccompagner par un admirateur… et se fait violer sous la menace d’une arme. Elle en tirera une chanson, « Me and a gun », une manière d’exorciser le traumatisme, mais s’en serait bien passée.

Des années plus tard (1994) elle fondera RAINN (Rape, Abuse and Incest National Network), Association d’aide et de soutien aux victimes de viol. Et en 1999, dans son double-CD, « To Venus and back », dans la première partie intitulée « Venus : Orbiting », elle interprète « Juarez », une chanson qui évoque la disparition ou le meurtre d’un nombre ahurissant de femmes dans cette ville à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis : Amnesty International annonce le nombre de 2500, voire plus (1653 cadavres ont déjà été retrouvés).

Mais revenons onze ans en arrière…

Lorsque sortit son fameux premier album, « Y Kant Tori Read », pourtant sur la puissante firme Atlantic, c’est l’échec le plus complet. Heureusement le PDG, qui appréciait le talent de la jeune femme, eut un trait de génie en réalisant que son style bien particulier, qui laissait les Américains de marbre, trouverait son public outre-Atlantique (tiens, on reparle de Kate Bush !) et décida de l’imposer d’abord en Grande-Bretagne, quitte à la faire revenir aux Etats-Unis lorsqu’il le jugerait utile.

C’est ainsi que Tori s’installa à Londres en février 1991. Et quelques mois plus tard elle était devenue une star, en octobre précisément, lorsque sa chanson « Silent all these years » fut élue Disque de la semaine par la BBC ; et même si l’on continuait à évoquer Kate Bush, ce n’était plus qu’en raison d’une vague ressemblance physique. Et encore…

Le pitoyable incident australien

Même en ce qui concernait leurs tenues de scène respectives, on pu voir une différence notable entre elle et Kate Bush : en tournée en Australie en 1992, un magazine prit une photo prouvant (hum…) que Tori ne porte pas de culotte en concert. Certes ce n’est pas là-dessus qu’on assoit une carrière, mais la belle, touchée dans son… orgueil, resta plus de dix ans sans retourner au pays des kangourous.

Publié dans musique, PEOPLE

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