Marc Bolan revient dans l'actualité via le film "BABY DRIVER"

Publié le par Daniel LESUEUR

Il y a de fortes chances qu'a priori le nom de Rolan Feld ne vous dise rien. Or Rolan Feld est le fils de Marc Bolan...

Rolan Feld attaque en justice la firme Sony pour utilisation illicite d'une chanson de son père dans la bande sonore du film BABY DRIVER. Mais qui était son père ?

 

 

Marc Bolan… Météorique multimillionnaire du disque redescendu aussi vite qu’il était monté : onze tubes énormes de début 1971 à juin 1973… puis plus rien ou presque !

Est-ce parce que personne ne cherchait à lui faire la peau qu’il se mit en quête d’un platane pour écraser sa voiture à quelques jours de son trentième anniversaire ? Die young, stay pretty, préconisait Deborah Harry (Blondie), ex-groupie, ex-Bunny de night club. Hélas Bolan, comme beaucoup, s’était empâté ; au moment de mourir, il n’était plus qu’une caricature bouffie du beau gosse qu’il avait été.

Vitesse, alcool, drogue, sexe… Pour l’homme de la rue, les rockers ne sont pas des gens sérieux...

Mark Feld, Anglais, est né le 30 septembre 1947. A l'instar de son ami David Bowie (avec qui il enregistrera le 45 tours "The Prettiest Star"), Marc Bolan, durant les mêmes années que Bowie (1964-1969), croupit dans l'anonymat le plus complet. Ce qui n'est guère étonnant, vu sa démarche marginale et élitiste.

D'abord chanteur sous le pseudonyme de Toby Tyler, il rejoint le groupe John's Children pour un album intitulé « Orgasm ». Avec un titre pareil, le groupe John's Children ne pouvait pas s'attendre à des ventes mirobolantes : pas évident, pour un adolescent, de demander « Orgasm » à son disquaire, en 1966.

Dépité, Marc quitte la formation et joue ensuite du folk psychédélique sous le nom de Tyrannosaurus Rex -pas évident non plus à demander au même disquaire ! Le succès est confidentiel, mais Marc compte parmi ses admirateurs le célèbre animateur de radio John Peel qui va amplement le diffuser à la B.B.C. On peut d’ailleurs considérer que le succès de Marc est dû en grande partie à Peel. Parvenu au top, Bolan ne lui manifestera pas la gratitude qui aurait dû s'imposer et les deux hommes resteront brouillés à mort.

Après une ultime tentative ratée sous le pseudonyme de Dib Cochran And The Earwigs, Marc, sans doute lassé de jouer devant quinze spectateurs, change de style, de look et de groupe, l'imprononçable Tyrannosaurus Rex devenant T.Rex. S'affublant de cuir, de chaussures à plateau, se maquillant comme une poupée Barbie, il crée un style, le "rock à paillettes". Dans son sillage, The Sweet, Gary Glitter, Suzi Quatro et Alvin Stardust. Et évidemment David Bowie, le précurseur du rock efféminé.

Miracle ! Le leader porte-parole Marc Bolan devient instantanément une idole.

D'une sensibilité très féminine, Bolan donne naissance au glamour rock. Sa voix particulière, extraordinaire, haut perchée, unique et inimitable, fait écrire à un journaliste anglais :

"Ne vérifiez pas la vitesse de rotation de votre tourne-disque... Marc Bolan semble véritablement en permanence au bord des larmes lorsqu'il s'approche d'un micro".

Marc symbolise la naissance des années 70. Jusqu’à 1972, les tubes s'empilent : son premier hit magistral, "Ride a white swan", est n°2 en Grande-Bretagne en 1970. Suivront "Hot Love" (n°1 en Angleterre, n°72 aux Etats-Unis), "Get It On (Bang-A-Gong" (n°1 en Angleterre, n°10 aux Etats-Unis), "Children Of The Revolution" (n°2 en Angleterre), "Metal Guru" (n°1 en Angleterre), "Telegram Sam" (n°1 en Angleterre, n°67 aux Etats-Unis), "Jeepster" (n°2 en Angleterre). Mais le succès disparaît à vitesse grand V et il en prend ombrage.

En 1973, il divorce, devient asocial ; ses fidèles amis Elton John, Ringo Starr et son producteur Tony Visconti se détournent de lui. Une année qui annonce la chute.

L'ex-idole supporte très mal l'anonymat, ses disques ne parvenant plus à pénétrer dans le sacro-saint Top 50. Pour surmonter l’échec, il se réfugie dans la nourriture, le cognac et la cocaïne. C'est la déchéance à tous les niveaux, et ça dure quatre ans.

En 1977, les punks qui, pourtant, ne font de cadeau à personne, élèvent Bolan au rang d’icône. Qu'une star à paillettes sont encensée par les Clash ou les Sex Pistols a de quoi surprendre, mais bon ! Ragaillardi, Bolan s'offre une cure de jouvence.

Au moment où il prépare son grand retour, le destin en décide autrement.

Le 16 septembre 1977, un arbre arrête la course d'un bolide lancé à cent à l'heure. Au volant, Gloria Jones, sa compagne depuis 1973, en réchappe miraculeusement.

Bolan, qui refusait de conduire car il craignait de trouver la mort dans un accident, est tué sur le coup. A quelques jours près, il aurait eu 30 ans.

Leur fils Rolan Bolan, alors âgé de deux ans, sera dès lors aidé financièrement par le fidèle ami Bowie qui ouvre un compte au nom du bambin. Marc n’avait pas choisi le meilleur moment pour disparaître : son image de star rendue bouffie par l'alcool et la drogue était loin d’être reluisante. Pour en savoir plus sur toutes les vies et morts tragique du rock'n'roll, cliquer ICI.

Publié dans musique, PEOPLE

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