Randy Newman, génie méconnu... malgré le générique de Monk

Publié le par Daniel LESUEUR

Randy Newman, génie méconnu... malgré le générique de Monk

L'Homme Nouveau est arrivé. Par "homme nouveau", entendez "new man".

Randy Newman, plus cynique que sinoque, déplore ses maigres ventes de disques.

Se promenant à Londres avec son ami Mark Knopfler, guitariste de Dire Strait, Randy lui déclare :

- Te rends-tu compte, Mark, que dans cette simple rue de la capitale, tu as vendu plus de disques que moi dans le monde entier !

Randy Newman a de l'humour. Humour grinçant ! Il a écrit "Short People" pour se moquer de tous les hommes qui mesurent moins d'1m65.

Mis à part sa bouille de clown triste, Randy donne l'impression d'accumuler sur ses épaules toute la misère du monde. Il est d'ailleurs resté cinq ans sans publier le moindre disque : il était affecté d'une maladie fort rare, le virus d'Epstein Barr, sorte de grave mononucléose excessivement épuisante. Il lui était déjà arrivé, par le passé, de rester cinq ans sans travailler, mais c'était par pure paresse, se contentant de ramasser les royalties de tubes commercialisés par autrui ("Simon Smith and the amazing dancing bear", n°4 en Grande-Bretagne en 1967 grâce à Alan Price... et plusieurs chansons de l'album "A PRICE on his Head").

De temps en temps il fait un gros coup (par exemple It's the jungle out there, générique du feuilleton Monk). Car Randy avoue ne pas être passionné par son métier ni par son art. Ce qui l'intéresse, c'est le pognon...

"Je déteste mon boulot. Je n'écoute pas de musique, ne vais jamais aux concerts. J'ai l'esprit bloqué. C'est dur d'être suffisamment intelligent ou philosophe pour prendre ses distances vis-à-vis de l'argent. A moins d'aller vivre dans un monastère, on a sans cesse sous les yeux de belles femmes, de belles bagnoles et de belles maisons qu'on aimerait avoir à soi. Alors moi je fais tout pour gagner de l'argent. Ca ne me gêne pas qu'on utilise mes musiques comme support de spots publicitaires. Au contraire, j'accepte tout, à condition que ce ne soit pas pour de l'alcool ou pour des trucs qui risquent de tuer mes enfants."

Ses ventes de disques étant minables, les médias le qualifièrent d'artiste culte. Mais il s'en fiche ; au contraire, il préfèrerait figurer au hit-parade. Il y figurera avec I Love L.A. qui, d'ailleurs, sera utilisé pour la bande-son du premier film de mister Bean, un type avec qui il a de nombreux points communs.

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