Patrick McGoohan et "Destination danger"

Publié le par Daniel LESUEUR

Patrick McGoohan et "Destination danger"

Si l'acteur d'origine irlandaise n'a pas eu un seul grand rôle au cinéma, il fut omniprésent à la télévision à partir de 1961.

Du "Prisonnier" à "Columbo", l'acteur d'origine irlandaise a laissé son empreinte indélébile sur le petit écran.

Tout a commencé en 1960 avec John Drake, héros de la série "Destination danger", à la fois l'ancêtre de James Bond et son antithèse. Du personnage de Ian Fleming, il a la classe, le flegme et l'élégance. Mais il a, lui, opté pour la non-violence... autant que faire se peut : arts martiaux ou solide bagarre avec de vrais vilains, aucun souci. En revanche, il rechigne à faire l'usage d'une arme et d'ailleurs n'en porte que très rarement.

A l'opposé de Bond, il fuit comme la peste le sexe faible... peste qu'il s'acharne à guérir lorsqu'il s'agit de sauver la veuve ou l'orpheline.

La série se décline en trois saisons

Les épisodes, tournés dès 1960, seront diffusés en France en ordre anarchique à partir du 7 janvier 1961 : le premier épisode français, Le Paysage qui accuse, est en réalité le deuxième. Le véritable premier, La Clé, ne sera diffusé que le 27 mars. Une anarchie sans grande conséquence, dans la mesure où tous les épisodes peuvent se déguster séparément. Mais quand même !

L'épisode n°5, Au fond du lac, sera diffusé trois ans après son tournage.

Pire, certains ne le seront jamais, si ce n'est par Antenne 2 trente plus tard. C'est le cas de l'épisode n°19, La Version du député Coyannis.

La première saison est constituée de 39 épisodes d'une demi-heure en noir et blanc dont l'un, déjà, est intitulé The Prisoner bien que son thème n'ait aucun rapport avec la série qui succèdera à Danger man.

Signalons un épisode tourné en France, à Nice : Vacation (Aventures de vacances diffusé le 7 mars 1963). D'autres le seront dans le petit village balnéaire britannique de Portmerion, site de la future série Le Prisonnier.

La deuxième saison, de 32 épisodes, eux aussi en noir et blanc, durent le double de temps, soit une heure.

La troisième saison (1965-1967) ne comporte que 15 épisodes.

La quatrième saison, quant à elle, n'en comporte que deux, exceptionnellement tournés au Japon, et en couleurs.

Réaliste, surréaliste et prémonitoire

Prémonitoire, l'épisode Les Pirates (Not so Jolly Roger) déposé dès 1964 annonce une histoire qui se produira réellement en 1970, celle d'une station de radio pirate britannique soupçonnée d'espionnage au profit des pays de l'Est.

Totalement ancrée dans le présent, richement documentée, sans tape à l'œil ni la moindre incohérence au scénario, la série proposa 87 histoires et 1 rêve : l'épisode intitulé Obsession en France (The Ubiquitous Mr. Lovegrove), bien que totalement surréaliste, contient le charme mystérieux de la série Le Prisonnier. Mais l'épisode qui permet de faire la jonction est plus volontiers Colony Three (La Ville fantôme) qui justifie le départ de Drake du M.I.5... bien que McGoohan ait toujours prétendu que le Prisonnier n'était pas Drake.

Le héros-interprète-concepteur du projet, Patrick McGoohan, abandonne en effet Danger Man au profit du Prisonnier, série-culte au point d'en faire oublier aujourd'hui la précédente série, pourtant populaire à l'époque.

Publié dans CINEMA

Commenter cet article